De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Les populations du quartier Darou dans le faubourg de Sor n’oublieront pas sitôt le spectacle macabre qu’elles ont vécu ce jeudi 24 février 2022. En effet, une foule de curieux a assisté très tôt le matin, à la découverte du corps d’un homme pendu à un balcon. Un corps qui s’est balancé dans le vide pendant des heures sans que personne n’y touche. Alertée, la police s’est finalement déplacée pour faire les premières constatations avant que les sapeurs-pompiers ne procèdent à l’enlèvement et au dépôt du corps sans vie à la morgue de l’hôpital régional pour la suite de l’enquête. Après identification, la victime âgée de plus 70 ans se nomme Djibril Sall et est originaire du département de Podor.
Le suicide du vieux Djibril Sall au quartier Darou alimente toutes les discussions dans la vieille cité de Ndar. Depuis la découverte macabre, les commentaires vont bon train dans le quartier et alentours. Chacun y va avec sa version des faits. Mais ce qui est sûr et certain, Djibril Sall n’assistera jamais au procès de ses enfants incarcérés à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Saint-Louis.
Pourtant, à en croire ses proches parents venus du Fouta, le vieux Sall s’était rendu à Saint-Louis pour assister au jugement de ses fils, arrêtés dans une histoire de champs les opposant à une dame du même village. Venu d’urgence de Ndioum pour mieux s’enquérir de la situation, Abdoulaye Sall, jeune frère de la victime a levé un coin de la voile sur l’affaire après sa déposition au commissariat central de Police de Sor.
Pour lui, son grand frère digérait très mal l’arrestation arbitraire et humiliante de ses enfants. « Mon frère Djiby Sall ne souffrait d’aucune maladie contrairement à ce que disent les rumeurs depuis la découverte de la pendaison. Tous ceux qui parlent dans la rue ne connaissent rien de lui. D’ailleurs il n’a fait que 24 heures à Saint-Louis avant que le drame ne survienne. A mon humble conviction, il a été traumatisé par le fait de voir ses propres enfants menottés, bâillonnés et conduits comme des bandits de grands chemins à la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis.
Mais je peux jurer sur le coran qu’il est fidèle croyant» a déclaré Abdoulaye Sall à sa sortie à la police. En attendant d’élucider cette affaire de suicide à Darou, la police poursuit son enquête.

