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La Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance économique mondiale pour 2022

La croissance mondiale ralentira en 2023, amplifiant le risque d’un «atterrissage brutal» dans les économies en développement. Les perspectives économiques de la Banque mondiale prévoient 4,1% en 2022 et 3,2% en 2023. En Afrique subsaharienne, la croissance est attendue à 3,6% en 2022 et 3,8% en 2023. La propagation des variants du Covid-19 contribue, avec l’inflation, la dette et les inégalités, à une montée des incertitudes, selon un rapport de la Banque mondiale.

Selon les dernières Perspectives économiques mondiales publiées par la Banque mondiale hier mardi, “après un fort rebond en 2021, l’économie mondiale entre dans une phase de ralentissement prononcé, dans un contexte marqué par la menace des nouveaux variants du Covid-19 et une montée de l’inflation, de la dette et des inégalités de revenus, qui pourraient mettre en péril la reprise dans les économies émergentes et en développement.”

La croissance mondiale va ralentir cette année et un scénario du pire n’est pas exclu sous l’effet du variant Omicron, qui se répand comme une trainée de poudre sur tous les continents accentuant pénurie de main d’œuvre et problèmes logistiques, a prévenu mardi la Banque mondiale.

L’institution a révisé en baisse de 0,2 point sa prévision de hausse de PIB mondial pour 2022, à 4,1%, après 5,5% en 2021, également en baisse de 0,2 point par rapport à l’estimation de juin dernier.

Perspectives régionales : 3,6% en 2022 et 3,8% en 2023 en Afrique Subsa­harienne

“La croissance devrait ralentir à 5,1% en 2022, avant de remonter faiblement à 5,2% en 2023 en Asie de l’Est et Pacifique. Elle devrait ralentir à 3% en 2022 et 2,9% en 2023 en Europe et Asie centrale, alors qu’en Amérique latine et aux Caraïbes, la croissance devrait marquer le pas à 2,6% en 2022, avant de remonter légèrement à 2,7% en 2023.
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les prévisionnistes s’attendent à 4,4% de croissance en 2022, avant de ralentir à 3,4% en 2023”,  a souligné de son côté Ayhan Kose, responsable des prévisions de la Banque mondiale.

L’Asie du Sud devrait connaître une croissance accélérée à 7,6% en 2022, puis retomber à 6% en 2023, alors qu’en Afri­que subsaharienne, la croissance devrait s’accélérer légèrement pour ressortir à 3,6% en 2022 et 3,8% en 2023.

Au niveau mondial la croissance devrait ralentir 

«La croissance mondiale devrait ralentir sensiblement, pour s’établir à 4,1% en 2022 et 3,2% en 2023, contre 5,5% en 2021, sous l’effet de l’essoufflement du rattrapage de la demande et du retrait des mesures de soutien budgétaire et monétaire à travers le monde», informe un rapport de la Banque mondiale.

Selon l’institution monétaire, la propagation rapide du variant Omicron laisse présager que la pandémie continuera probablement de perturber l’activité économique à court terme. «En outre, la décélération notable enregistrée dans les grandes économies (dont les Etats-Unis et la Chine), pèsera sur la demande extérieure dans les économies émergentes et en développement. Alors que les gouvernements de nombreux pays en développement, ne disposent pas d’une marge de manœuvre suffisante pour soutenir l’activité si nécessaire, la menace posée par de nouvelles flambées de Covid-19, des goulets d’étranglement persistants dans les chaînes d’approvisionnement et les pressions inflationnistes, ainsi que les fortes vulnérabilités financières dans une grande partie du monde, sont autant de facteurs qui pourraient accroître le risque d’un atterrissage brutal pour ces économies», analysent les économistes dans le rapport.

Selon toujours la note de la Banque mondiale : «L’économie mondiale est confrontée aux effets conjugués du Covid-19, de l’inflation et d’un environnement incertain, dans un contexte où les dépenses publiques et les politiques monétaires entrent en territoire inconnu. La hausse des inégalités et les problèmes de sécurité sont particulièrement préjudiciables aux pays en développement», souligne le président du Groupe de la Banque mondiale. David Malpass propose : «Pour permettre à un plus grand nombre de pays de se placer sur une trajectoire de croissance favorable, il est indispensable de mener une action concertée au niveau international et se doter d’un arsenal complet de mesures au niveau national.»

Le ralentissement de l’économie mondiale s’accompagnera d’après les prévisions des spécialistes, d’une divergence progressive des taux de croissance entre économies avancées et économies émergentes et en développement. Ainsi, soulignent-ils, «les économies avancées devraient voir leur taux de croissance fléchir de 5% en 2021, à 3,8% en 2022 et 2,3% en 2023. Bien que leur progression marque le pas, elle sera suffisante pour rétablir les niveaux de production et d’investissement aux tendances observées avant la pandémie».

En revanche, dans les économies émergentes et en développement, la croissance devrait reculer de 6,3% en 2021, à 4,6% en 2022 et 4,4% en 2023.

D’après le rapport de la Banque mondiale, d’ici à 2023, les économies avancées auront totalement retrouvé leur niveau de production pré-Covid, tandis que la performance des économies émergentes et en développement, restera inférieure à 4%, à leur tendance pré-Covid.

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Khadim FALL