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C’était Lamine Diack…

Lamine Diack “Président Diack” pour beaucoup a tiré sa révérence ce vendredi à Dakar, à l’âge de 88 ans, après une vie bien remplie, une vie réussie. Retour sur le riche parcours d’un sportif de renom et d’homme politique…

Quant il a foulé le tarmac de l’aéroport international Blaise Diagne un soir du lundi 10 mai 2021, après près de six ans d’absence de son pays natal, l’ancien patron de l’athlétisme mondial était devenu plus vieux, toujours bien soigné comme à son habitude, un sourire pour rassurer ses proches venues l’accueillir. Des proches et amis qui se sont mobilisés depuis le déclenchement de cette “affaire de corruption” par la justice française qui l’a finalement reconnu coupable. Des accusations que lui, ses avocats et son fils ont toujours réfuté dénonçant un complot ourdi par quelques uns de ses anciens collaborateurs pour ternir son image et son riche héritage légué à l’athlétisme mondial.

Sportif de renommé mondial et homme politique, président Diack comme on l’appelait a tout presque fait pour faire partir des plus grands.

Né en 1933, Lamine Diack a toujours été un passionné de sport. Jeune, il avait pratiqué le football, l’athlétisme, le volley-ball ou encore basket. Plus tard, en 1958, Lamine Diack devient champion de France de saut en longueur avant d’obtenir un diplôme à l’école nationale des impôts de Paris en plus d’une licence en droit public. Une fois de retour au Sénégal, il devient inspecteur des impôts et domaines dans l’administration.

Lamine Diack a aussi été un bon footballeur. Entre 1950 et 1960, il a évolué au Foyer France Sénégal, un club d’élite de Dakar.

Plus tard, il devient l’entraineur du Foyer France Sénégal, puis directeur technique pour l’équipe nationale de football du Sénégal, de 1964 à 1968.

En 1973, il devient le premier président de la Confédération africaine d’athlétisme.

En 1974, il est membre du Comité national olympique sénégalais (CNOS), dont il est le président de 1985 à 2002.

Secrétaire d’État à la jeunesse et au sport, il a créé l’Union des Associations du Sport Scolaire et Universitaire (U.A.S.S.U.), de l’Organisme National pour la Coordination des Activités de Vacances (ONCAV), de la CONFEJES, Lamine Daick est l’auteur de l’unique réforme du football.

De 1964 à 1968, Lamine Diack est nommé Directeur technique national du football sénégalais. Dix années plus tard, entré en politique, il est élu maire de Dakar de 1978 à 1980.

Parallèlement, il construit sa carrière dans le monde du sport. Après la présidence de la Confédération africaine d’Athlétisme à partir de 1973, il intègre le Comité olympique national (CIO) en 1974, avant de le présider de 1985 à 2002. En 1987, il devient vice-président de l’IAAF et en 1991 il en est le premier vice-président.

C’est en 1999 qu’il prend la tête le la Fédération internationale d’athlétisme à la mort de Primo Nebiolo.

Le premier africain à diriger cette instance mondiale. Des fonctions qu’il occupera jusqu’en 2015. Il devient le premier africain à occuper ce poste.

Un digne fils du Sénégal bien apprécié. Mamadou Koumé, journaliste sportif sénégalais, ancien président de l’Association nationale de la presse sportive (ANPS), connait l’homme depuis plusieurs décennies.

“Lamine Diack est quelqu’un qui représente beaucoup de choses pour les gens de sa génération, mais aussi pour la jeunesse. Il a été à la base du club de football le plus grand du Sénégal : le Jaraaf de Dakar”, affirme-t-il à BBC Afrique.

Un parcours politique 

Membre du parti socialiste sénégalais (au pouvoir de 1960 à 2000), Lamine Diack a notamment occupé les postes de ministre des Sports et de vice-président à l’assemblée nationale du Sénégal.

Lamine Diack a été maire de Dakar de 1978 à 1980 et député à l’Assemblée nationale du Sénégal de 1978 à 1993.

Déboires judiciaires et condamnation à deux ans de prison ferme

Tout a basculé pour lui en novembre 2015, quand il est mis en examen par la justice française pour une affaire de corruption passive et de blanchiment aggravé liés au scandale du dopage en Russie. Après sa mise en examen par la justice française, il avait démissionné de son poste de membre honoraire du CIO.

Il sera suspendu du Comité international olympique (CIO), dont il était membre honoraire, et son passeport est saisi par la justice française.

En septembre 2020, il avait été condamné à Paris à quatre ans de prison, dont deux ferme, pour corruption et abus de confiance. Diack avait notamment été reconnu coupable d’avoir dissimulé des cas de dopage en Russie et retardé des sanctions contre des athlètes russes dopés en échange de financements, afin de favoriser des négociations de sponsoring et de diffusion avec la Russie. Il s’était aussi vu confisquer son passeport dans une autre affaire de corruption pour laquelle il n’avait pas été encore été jugé.

Car il avait également été mis en examen pour corruption dans le cadre des attributions des Jeux olympiques 2016 à Rio de Janeiro et ceux de 2020 à Tokyo, qui ont finalement eu lieu en 2021 en raison de la pandémie de Covid-19, ainsi que dans les processus d’attribution des Championnats du monde d’athlétisme de Pékin (2015), puis des Mondiaux 2017 et 2019.

Couronnement 

Commandeur de l’ordre national du Lion du Sénégal, Grand-croix de l’ordre de Bernardo O’Higgins Chili, Officier de l’ordre du Mérite Hongrie. Président Diack a été aussi Grand officier de l’ordre de l’Étoile équatoriale au Gabon, Commandeur de l’ordre de Bonne Espérance en Afrique du Sud, Officier de l’ordre de la Reconnaissance, République centrafricaine, Chevalier de la Légion d’honneur, France, Médaille de l’ordre du Nil.

Lamine Diack repose désormais et pour l’éternité au cimetière musulman de Yoff; après une vie bien remplie, une vie accomplie.

A propos de l'auteur

Khadim FALL