Le dernier président blanc d’Afrique du Sud, Frederik Willem de Klerk, est décédé jeudi à son domicile du Cap à l’âge de 85 ans, a annoncé sa fondation.
« C’est avec la plus grande tristesse que la Fondation FW de Klerk annonce le décès de l’ancien président FW de Klerk paisiblement ce matin à son domicile de Fresnaye », une banlieue du Cap, a annoncé ce 11 novembre sa fondation dans un communiqué. Il avait dit souffrir d’un mésothéliome, un cancer qui affecte les tissus entourant les poumons en mars, le jour même de son 85e anniversaire.
Celui qui avait partagé le prix Nobel de la paix en 1993 avec Nelson Mandela, le premier président noir de la Nation arc-en-ciel, a succombé d’un cancer.
Né en 1936 à Johannesburg au sein d’une famille d’Afrikaners influents, de Klerk gravit les échelons du système politique qui n’était alors réservé qu’aux Blancs pour se hisser à la présidence. Il dirige l’Afrique du Sud de 1989 à 1994.
Il a officiellement mis fin à l'apartheid et libéré l'icône Nelson Mandela: Frederik de Klerk, dernier président blanc sud-africain et prix Nobel de la paix, est mort à 85 ans #AFP pic.twitter.com/QL2FBrR84j
— Agence France-Presse (@afpfr) November 11, 2021
Moins de trois mois après la chute du mur de Berlin, il avait ouvert la voie à la fin de plus de quatre décennies d’apartheid en prononçant un discours retentissant devant le Parlement le 2 février 1990, dans lequel il annonçait la libération de Nelson Mandela, après 27 ans derrière les barreaux.
De Klerk avait caché cette décision capitale à tous, sauf à une poignée de ministres. Même sa femme était restée dans l’ignorance jusqu’à ce qu’elle et de Klerk se rendent au Parlement.
Lors des célébrations du 70e anniversaire de de Klerk en 2006, Mandela n’a pas tari d’éloges sur son prédécesseur pour avoir fait ce saut dans l’inconnu politique.
« Vous avez fait preuve d’un courage que peu ont fait dans des circonstances similaires », avait déclaré Nelson Mandela, qui est décédé en décembre 2013 à l’âge de 95 ans, moins de six mois avant le 20e anniversaire des premières élections multiraciales en Afrique du Sud.
Les deux hommes reçoivent conjointement le prix Nobel de la Paix en 1993 pour « leurs efforts visant à la disparition pacifique du régime de l’apartheid et pour l’établissement d’une nouvelle Afrique du Sud démocratique ». Vingt ans plus tard, Frederik De Klerk estimera que sa décision a permis d’éviter « une catastrophe », sortant les Blancs de leur « isolement et de leur culpabilité » et permettant aux Noirs d’accéder à « la dignité et à l’égalité ».

