De Adama SENE TERANGANEWS SAINT-LOUIS
Après plusieurs mois d’arrêt des travaux de réhabilitation de la grande mosquée de Saint-Louis, l’entreprise chargée du chantier a finalement boudé et cassé le contrat. Les responsables de cette dernière fustigent la démarche cavalière du Bureau d’Architecture et de la Conservation (BAC) qui aurait modifié les termes du contrat initial sans prendre en compte les incidences financières dûes aux travaux de modification supplémentaires.
A quand la fin des travaux de réhabilitation de la grande mosquée de Saint Louis ? Une équation à mille inconnus, vu la tournure des évènements entre le comité de rénovation de la grande mosquée, l’entreprise et le Bureau d’Architecture et de la Conservation (BAC). Lancés par le président Macky Sall, en Mars 2017, dans le cadre du programme spécial des sites religieux, les travaux de réhabilitation ont été à maintes fois suspendus puis repris par l’entreprise. Mais pour cette fois-ci, la corde semble bien cassée entre les parties et le contrat rompu. A en croire des sources proches du dossier, le BAC aurait procédé unilatéralement à la modification du contrat pour passer d’une réhabilitation de l’infrastructure à une reconstruction de l’édifice à l’identique. Une modification du contrat d’entreprise qui a engendré d’importantes incidences financières que le Bureau d’Architecture et de la Conservation (BAC) ne veut nullement prendre en charge dans le budget. Avant de renseigner qu’ au début du contrat, il s’agissait de travaux de réhabilitation de la grande mosquée de Saint-Louis mais après les sondages du labo sol et les expertises du bureau de contrôle technique, les experts-conseils ont ordonné la démolition intégrale de l’ouvrage et sa reconstruction identique à l’ancien. Ce qui a occasionné forcément des travaux supplémentaires et des incidences financières avec comme conséquence immédiate la revue à la hausse du budget du projet et de son financement non prévus dans le contrat.
Pourtant, selon toujours des sources proches du comité de rénovation, l’entreprise a toujours fait des sacrifices pour sauver les meubles en supportant les charges supplémentaires malgré les difficiles problèmes financiers qu’elle traverse. Des sacrifices qui ont été confirmés par certains responsables du chantier.
Le BAC tenu responsable de la rupture
Pour ces derniers, le BAC qui se sent intouchable, les nargue à la limite. Tous
les courriers et appels téléphoniques qui leur ont été adressés par les responsables de l’entreprise sont restés vains, a signalé un des chefs de chantier. Malgré l’allongement des délais de réalisation et des modifications contractuelles unilatérales par le Bureau d’Architecture et de la Conservation (BAC), l’entreprise a tenu à supporter les charges directes et indirectes du projet. Les responsables de l’entreprise qui ont mobilisé pendant des mois un important personnel d’ouvriers, des engins et beaucoup de logistiques dont la location dans d’autres chantiers pouvait leur apporter plusieurs dizaines de millions par mois, ont finalement jeté l’éponge parce que la situation était devenue presque insupportable. Pour le personnel de chantier, l’entreprise est dans son droit de plier bagage et de casser le contrat dans la mesure où elle a trop subi les effets négatifs des arrêts répétitifs des travaux qui ont provoqué un manque à gagner énorme mais aussi occasionné une tension de trésorerie avec les banques avec qui elle travaille.
L’annonce de la rupture du contrat de réhabilitation de la grande mosquée du Nord a été une véritable douche froide pour les populations musulmanes de Saint Louis. Ces dernières qui ruaient toujours sur les brancards, dénonçant avec la dernière énergie les lenteurs des travaux de la mosquée sont très remontées contre les autorites et le BAC. Pour certains saint louisiens, l’engagement et le sérieux mis dans la rénovation de la cathédrale dans des délais raisonnables, n’ont pas été notés dans les travaux de la grande de mosquée Saint Louis. Il faut signaler que la grande mosquée de Saint-Louis a été tracée par Elhadj Oumar Foutiyou Tall. Elle avait été mise en chantier en 1838 par l’administration coloniale et fût achevée en 1847. Elle tient son originalité du fait de la présence sur l’un des minarets d’une cloche et d’un horloge.
Classée patrimoine mondial de l’UNESCO, les travaux de l’édifice à l’identique requiérent une certaine expertise. Il faut noter que le numéro de contact du répondant du BAC ne sonne pas malgré nos différentes tentatives.

