Noëlla Lopez fait partie encore des exceptions au Sénégal. Dans un cercle encore très fermé et dominé par les hommes, mais qui se féminise de plus en plus. Elle compte s’imposer, vivre son rêve à force de caractère et de persévérance, devenir cadreuse-monteuse audiovisuel.
Dans ce domaine encore sous la coupe gardée des hommes, comme les métiers de réalisations dits métiers masculins, cadreur-monteur, il faut dire que ce n’est pas évident, pour une femme de se frayer un chemin ,encore moins d’y exceller. Mais on note, depuis quelques temps, une belle percée des femmes dans ce domaine, en brisant les codes .Et Noëlla compte, faire partie de ces femmes qui proposent.
Ils sont appelés operateurs de prise de vues ou techniciens d’images. Ce métier qui exige force et expérience n’accueillait, ou presque pas de femme. Aujourd’hui, de braves femmes franchissent le pas pour vivre leur rêve.

C’est pas parce qu’on est femmes qu’on ne peut pas réussir, au contraire !”
« C’est mon grand frère qui m’a fait orienter à l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) après le bac pourtant obtenu avec la mention Bien autant dire toute de suite qu’elle a une tête bien faite. Mais devant la réalité crasse des universités de manque de matériels pour bien suivre les cours soit à distance soit en présentiel, Noëlla s’est vite rendue compte qu’elle a toujours eu cette passion des images, du terrain, aller à la rencontre des autres rendre visible ce qu’ils font.
Pour se faire elle intègre le Groupe Golden production. Mais dans un monde macho personne au début on n’a pas voulu qu’elle touche à la caméra, « c’est lourd à porter pour une fille patatras ». Mais Noëlla reste focus sur ses objectifs connaître tous les arcanes de ce métier operateurs de prise de vues ou techniciens d’images.
De là-bas, cette jeune fille amène et affable qui aime comme toutes les filles soignées sa mise avec toujours cette casquette bien vissée sur la tête, atterrit à MED1 TV Afrique (Bureau de Dakar), histoire de poursuivre son rêve. Bien encadrée et bien entourée par une équipe de cadreurs-monteurs et réalisateurs rompus à la tâche,la native de Pikine suit avec passion mais professionnalisme ses encadreurs qui l’amènent très vite sur le terrain en la supervisant avec l’œil aguerri du professionnel de prise de vue sous tous les angles et formats.
Habillée en tenue de terrain, Noé comme on l’appelle, sait qu’il y’a des tenues adaptées pour le terrain pour bien se déplacer avec agilité et souplesse même si comme toutes les filles de son âge elle garde intacte sa coquetterie. Une coquette jeune fille qui rajoute rien de superflus à sa beauté noir d’ébène : « Je suis obligée de m’habiller ainsi. D’autant plus je suis la pour travailler pas pour faire la belle femme. On ne peut pas porter un pagne et vouloir filmer c’est presque impossible « , soutient-elle.
Un cœur en or et la foi chrétienne en bandoulière
Persévérance et abnégation, Noëlla est une catholique pratiquante qui ne manque jamais ses prières et va à l’église. C’est la base reconnaît-elle. Chapelet autour du poignet dont elle ne se sépare jamais. Les prières précèdent chacun de ses activités, faits et gestes. « Même avant de venir au bureau le matin je fais toutes mes prières. En outre avant de faire quoi que ce soit j’évoque le seigneur pour sa protection. Parce-que je suis née et j’ai grandi dans une famille religieuse et ça me donne de la force les prières. Je suis confiante en tout cas », lance tout de go cette jeune dame qui affiche toujours le sourire ravageur au regard timide.

Sa hargne et son obstination transpirent de chacun de ses prises de vue
Sur le terrain, Noé ne perd jamais sa cible de vue. Son œil est constamment logé dans l’objectif de la camera qu’elle ajuste en fonction de l’objectif à prendre. Les zoom in et zoom out se succèdent les uns, après les autres, en fonction des plans. Elle s’accroupit, et se met debout chaque instant pour avoir de belles images car à MEDTV Afrique Dakar on aime les choses bien faites on titille la perfection, l’exigence du travail bien est sa marque on ne laisse aucun détail de côté.
Seule ou accompagnée par ses encadreurs, Noëlla sait que le terrain permet de se confronter à la réalité et ça forme plus que tout autre cours théorique reçu. Sur le terrain elle fait équipe avec le journaliste. « Essaies de prendre contacts avec eux, lance-t-elle à son coéquipier journaliste. Je vais prendre des plans de coupe (PC) ». Noé apporte des précisons sur le choix de plusieurs PC; selon elle, la pluralité des plans de coupe permet de faciliter le montage . »On y va. », explique-t-elle, « il a callé une interview avec quelqu’un » .
Devant son interviewé, elle étale son pied et fixe sa camera. Pour donner symétrie à sa vidéo, elle place son sujet au centre du cadre, l’exigeant à être immobile. « Testez le micro lance-t-elle à son journaliste », ça marche va-t-elle rétorquer rapidement ».
D’un naturel optimiste
C’est un métier qui a ses risques aussi reconnaît Noé, « c’est pourquoi on doit rester professionnelle, car il a ses règles et réalités ». « Avant de prendre quelqu’un, il faut d’abord son accord. Poursuivant avec une anecdote : »J’ai une fois été attaquée par un gars. Parce que ma camera était braquée sur lui. Mais je ne filmais pas. Il a juste vu la camera et s’est attaqué à moi. Heureusement j’ai pu l’apaiser, arguant je ne filmais pas, doucement monsieur ».
Hormis la force, ce métier exige une certaine expérience. Avoir la capacité d’imagination. Noëlla évoque la complexité de ce métier. Selon elle « il ne s’agit uniquement pas de venir et prendre des images à la légère. C’est au-delà de cela. Il faut de l’imagination avec le flair et être un peu artiste. « Notre rôle c’est donner importance à une image. Donner de la valeur à l’effet sonore. Ce n’est pas pour rien qu’on nous appelle technicien d’images », détaille-t-elle.

Retour au bureau, après un tour d’horloge de prise d’images et de vidéos
De retour au bureau, à la salle de montage dédiée aux monteurs : Noëlla allume son ordinateur MacBook puis procède au transfert des fichiers de sa camera sur l’ordinateur. Le temps que son journaliste enregistre la voix off. Sans oublier d’enlever sa casquette qui lui serve d’étreinte pour son greffage.
Pour monter, elle a besoin de cet élément essentiel, qui lui sert de repère . »J’écoute, ce que dit le journaliste, pour pouvoir monter la vidéo. Apres montage, je l’envoie à mes supérieurs, qui se chargeront à leur tour, de vérifier, avant diffusion. « , nous fait savoir Noëlla.
Selon Sanoussi Sané, l’un de ses encadreurs, « elle fournit d’intenses efforts, pour être top dans le milieu et pour y arriver elle est très active et et dynamique pour exceller dans ce milieu qui voit du bon œil l’arrivée des femmes ». La camera est trop lourde, poursuit-t-il. La porter par moment, devient difficile et pourtant Noëlla est toujours enthousiaste quand il s’agit d’aller en reportage ce qui démontre toute sa détermination », renchérit-t-il. « Je peux témoigner en tant que encadreur qu’elle est déterminante et trop active. Même si parfois elle lambine. Parfois, je ne peux manquer de la critiquer, pour la pousser davantage, à fournir plus d’efforts et d’imaginations. Parce que je sais qu’elle a tout le potentiel pour y arriver « .
Le manque de concentration parfois, son péché mignon
C’est le grand frère qui parle ainsi de la sister qu’il protège et suis de très près et loue les efforts que cette fille sans problème fournit pour devenir quelqu’un.
« Elle est trop attachée à sa machine. Même à la maison, elle se met, à chaque fois, à confectionner des affiches, à monter des vidéos entre autres. Je trouve que c’est désormais, son passe temps, sa passion. Elle peut réussir dans ce métier, seulement ça manque parfois de concentration de son coté », témoigne Franky Lopez, le frangin.
Avec rigueur, professionnalisme et tact, Noëlla compte réaliser son rêve, poursuivre son étoile, l’a voir scintiller encore plus et pourquoi pas mettre sur pied un jour sa propre boite de production audiovisuelle, le rêve est permis en attendant elle poursuit calmement son chemin…

