De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Les populations de la vieille cité ont souffert le martyr ces dernières quarante huit heures pour une coupure sèche des robinets. La perturbation de la distribution du liquide précieux a été plus longue que prévue par les techniciens en charge des travaux d’un raccordement à la prise de Bango. Pour se procurer de l’eau les populations ont même pris d’assaut le fleuve et certains services de la commune.
Les images notées devant les quelques camions citernes d’eau déployés sur le terrain ou devant les prises d’eau de certains services de la vieille ville où il faut se jouer des coudes pour obtenir un bidon de 20 litres d’eau, sont touchantes. Un triste décor qui montre à quel point les populations de la commune de Saint-Louis ne savent plus à quel service d’eau se fier.
Depuis 48 heures, la distribution d’eau dans des milliers de foyers de la ville et villages environnants, ne se fait plus correctement. Pour se procurer du liquide précieux, chaque chef de famille y va avec ses manières et astuces. Une délicate situation que les populations victimes des longues coupures d’eau jugent invivable en cette période de chaleur.
« Depuis 02 jours, l’eau ne coule pas dans les robinets. Ainsi pour avoir quelques bidons pour la boisson et la cuisson de la famille durant la journée, c’est la croix et la bannière. C’est une situation très difficile que les familles ont traversé durant ces 48 heures. Comme on habite Pikine 700, pour avoir de quoi se laver et faire les vaisselles, je suis obligé d’aller remplir quelques bidons au fleuve avec tous les risques que cela comportent.
Pour boire, on a acheté des bidons de 10 litres que l’on rationalise parce qu’ on n’a pas de moyens pour en procurer suffisamment » a soutenu Alioune Sarr.
Avant de jeter une grosse pierre dans le jardin de la société Sen’eau. A l’en croire la société de distribution d’eau au Sénégal n’a aucun respect envers les usagers. « Malgré nos souffrances, personne n’ a été avisé sur cette longue coupure pour qu’on puisse prendre les devants. Ce qui n’est pas normal. La Sen’Eau ne respecte pas la population. Si elle doit faire ces genres de travaux qui engendrent un manque d’eau total durant tout ce temps, il faut qu’ elle mette en place des stratégies pour le pallier en envoyant suffisamment de citernes d’eau pour aider la population parce que l’eau est vitale. Pire aucune date ou heure n’est donnée pour le retour à la normale de la distribution de l’eau » a denoncé M. Ndiaye.
Dans la banlieue saint louisienne, c’est la même situation qui est notée. Les populations des villages environnants qui peinent également à voir l’eau couler des robinets, ruent dans les brancards. « Les modestes revenus des chefs de famille sont très impactés par la crise sanitaire. S’ils doivent encore acheter de l’eau dans les boutiques pour certains besoins de la famille et payer des factures d’eau, ils ne s’en sortiront jamais. Il faut que la société en charge de la distribution de l’eau revoit sa copie, les populations sont trop fatiguées des coupures répétitives et sans explication » a pesté Sokhna Diop Mbaye.

A la direction régionale de Sen’eau, le chef des lieux invite les usagers à un peu plus de patience et s’explique sur la perturbation de la distribution. « Ce samedi, il y a eu un déboitement sur la prise d’eau réalisée sur le fleuve à Bango. Les travaux de remise en état ont été réalisés par la Sen’Eau et l’ouvrage a été remis en service. Malheureusement, un second déboîtement s’est signalé rendant les opérations plus complexes. Pour cette raison, elle est supervisée par les sapeurs pompiers.
D’ailleurs même le directeur général de la Sones, société en charge du contrôle de l’exploitation, était sur les lieux pour marquer toute sa solidarité à la Sen’Eau. En attendant la fin des travaux, nos services ont déployé un dispositif de camions citernes pour soulager les populations » a renseigné le chef de service régional de Sen’Eau, Abdoul Mbaye.

