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Série de manifestations : L’Etat livre sa « vérité » dans un « mémorandum » d’une vingtaine de pages, une commission d’enquête annoncée

Le gouvernement du Sénégal va bientôt mettre sur pied une commission indépendante et impartiale pour rétablir la vérité sur les évènements qui ont marqué le pays en début mars. L’annonce a été faire ce jeudi par le ministre des Forces armées, Me Sidiki Kaba lors du la rencontre « Gouvernement face à la presse ». Dans un mémorandum d’une vingtaine de pages, le gouvernement du Sénégal livre sa part de vérité sur ces séries de manifestations qui ont endeuillé le pays entre fin février et début mars et annonce la mise en place d’une commission d’enquête pour situer les responsabilités.

Selon lui, cela entre dans le cadre de la dynamique de paix et d’apaisement. Sidiki estime que la vérité pour que justice soit faite est un élément qui « conforte aussi l’Etat de droit et notre volonté de vivre ». Il note ainsi que les accusations ont été nombreuses et les responsabilités n’ont pas été clairement définies.

Plainte devant la CPI Sidiki Kaba recadre Ousmane SOnko et Cie 

A l’en croire, il s’agit de menaces et d’accusations envers l’Etat du Sénégal. « Il a été dit que les faits qui se sont passés sont d’une gravité extrême et que l’Etat du Sénégal sera attrait la barre de la CPI et ses dirigeants avec », a dit le ministre. Il affirme que beaucoup de choses se sont faites dans la précipitation. Sidiki martèle que personne n’a entendu la version de l’Etat. C’est ce qui a conduit à la création de cette commission qui va apporter la lumière.

Sidiki Kaba tire sur Ousmane Sonko et l’accuse d’être l’élément déclencheur des manifestations 

« Bien évidemment, ce qu’il recherchait n’était autre que de provoquer un attroupement, soulever des troubles ou pire encore, lancer un appel à une résistance populaire devant empêcher sa comparution »,  indique le document. Ainsi, en violation de la loi et enfreignant toutes les règles interdisant les rassemblements et autres attroupements du fait de l’Etat d’urgence sanitaire décrété alors à cause de la pandémie du Covid 19, Sonko et sa garde rapprochée ont résisté aux injonctions des forces de l’ordre troublant ainsi gravement l’ordre public et installant la violence dans certains quartiers de Dakar ».

Face à la presse Sidiki Kaba a apporté des précisions concernant la plainte contre l’Etat du Sénégal devant la CPI : « Le Sénégal connaît la Cour pénale internationale, on ne l’agite pas, déclare Me Sidiki Kaba, qui rappelle d’ailleurs que les procédures à la CPI ne sont pas aisées. « Les procédures internationales ne sont pas aisées. Vous avez vu qu’un ancien chef d’Etat (Ndlr : Laurent Gbagbo) a été poursuivi après 10 ans de procédures, il vient d’être acquitté ».

Poursuivant sa ligne de défense, le ministre des Forces armées d’accuser le leader du parti Pastef Ousmane Sonko d’être l’élément déclencheur de la série de manifestations qui ont marqué le Sénégal au mois de mars. Il s’exprimait en marge de la conférence de presse du gouvernement. C’est un défenseur qui a fait face du gouvernement aux journalistes. Selon lui, on a voulu faire endosser au gouvernement l’entière responsabilité.  « Avant de parler de point de chute, il faut parler de point de choc. Il s’agit de ce refus de déférer à la justice. Il y avait alors un terreau fertile lié à l’absence de liberté, aux pertes d’emplois, a la situation de mal vivre de la jeunesse », dit-il. Sidiki Kaba est convaincu qu’il y a une mainmise du leader de Pastef. La situation précaire n’est pas également à écarter.

« Le prétexte avec cette situation où il y a un malvivre, des frustrations, des impatiences n’en est pas la seule cause. Un fait est venu, alors comme une sorte d’ouragan, bouleverser ce début de mois (mars) paisible au Sénégal. Il s’agit de la plainte d’une sénégalaise du nom d’Adji Sarr contre un député du nom d’Ousmane Sonko. Cela a eu les secousses que nous connaissons et que le mis en cause a dit qu’il s’agit de complot politique en même temps qu’il n’ira pas répondre à la convocation de la justice. L’appel à la résistance qu’il a fait a eu un écho. Dans les circonstances et les conditions que nous connaissons et cela pu mettre dans la rue un certain nombre de manifestants qui par la violence de leurs actes nous a fait poser énormément de questions », a affirmé Sidiki Kaba.

La justice en toute indépendance rendra sa décision 

Pour Me Sidiki Kaba, « c’est le juge qui tranche. C’est important à retenir. C’est pour cela dans un système, il faudrait reconnaître la place du juge. C’est un élément important de la garantie de l’état de droit.  Mais au retour, on se focalise sur ce que l’on appelle le droit politique».

Il estime que la justice est en train de faire son cours. « Cette affaire a pu cacher la véritable affaire qui est la plainte qui oppose deux Sénégalais d’égale dignité qui iront devant la justice s’expliquer. La justice en toute indépendance et en toute impartialité rendra verdict en tenant en compte tous les éléments de vérité devant elle. Je pense c’est ça le fonctionnement d’un Etat de droit. Ce verdict nous permettra de connaître la réalité qui a provoqué un choc », avance-t-il.

 

 

 

 

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Dame Diop

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