Hissein Habré ne doit pas bénéficier d’une sortie temporaire de prison. C’est l’avis de l’Organisation des Nations unies (Onu) qui s’oppose à l’octroi d’une permission de sortie de prison pour l’ex-Président du Tchad, pour des raisons de santé.
«Pendant que le juge d’application des peines examine la demande des avocats de Hissein Habré pour une autorisation de sortie de prison de six mois, quatre rapporteurs de l’Onu ont rappelé au Sénégal leurs « plus graves préoccupations » quant à une éventuelle sortie de l’ex-dictateur du Tchad, condamné en 2015 par les Chambres africaines extraordinaires pour sa responsabilité dans des meurtres de masse, des actes de torture et des crimes sexuels commis lorsqu’il dirigeait le Tchad dans les années 1980», explique l’Onu qui sert ainsi sa position suite à la requête des avocats du condamné à la prison à perpétuité.
En effet, dans une lettre adressée au gouvernement du Sénégal, les rapporteurs sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, sur le droit à la santé et sur la torture avaient exprimé «leurs plus graves préoccupations quant à la libération temporaire de l’ancien Président du Tchad, M. Hissein Habré». Ils considèrent qu’il s’agirait d’une mise en liberté «dans le contexte de la pandémie de Covid-19, sans justification apparente de santé publique, en violation des normes internationales concernant la responsabilité des violations flagrantes des droits de l’Homme. Nous soulignons que le maintien en détention de M. Habré est essentiel pour lui permettre de répondre à des graves crimes qu’il a commis et pour garantir l’accès des victimes à la justice et à la réparation, tout en assurant l’intégrité physique du détenu».

