La réinstauration de l’état d’urgence assorti d’un couvre-feu nocturne de 21 heures à 5 heures du matin en vigueur depuis hier mercredi suscite un tollé dans le secteur du transport, qui était parmi les impacté par les mesures contraignantes pour limiter la propagation du virus.
D’ailleurs Mbaye Amar, président de l’Association de financement des transports urbains (AFTU), se dit surpris du retour du couvre-feu partiel qui concerne deux régions du pays dont Dakar et Thiès : « Nous sommes vraiment pas prêts à vivre ce que nous avions vécu. Ce serait catastrophique pour les acteurs et les populations. Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? L’État a la force, mais il doit aussi penser à ses enfants. D’autant plus qu’il ne peut plus mobiliser autant d’argent pour appuyer les acteurs de l’économie. Et nous n’allons pas manger du sable. Ces mesures sont lourdes de conséquences ».
Même son de cloche pour Pierre Mbakhane, syndicaliste « en tant que citoyens, on ne peut qu’obéir, souligne-t-il. On n’a pas le choix. Mais si cela ne dépendait que de nous, de telles mesures ne vont jamais être prises. Il ne faut pas oublier que c’est en pleine crise que le président nous avait dit qu’il faut vivre avec le virus. Si quelques mois après, il se prononce de la sorte, peut-être c’est parce que c’est la seule solution. C’est quand même une décision très dure. »
Le responsable à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) insiste sur des mesures d’accompagnement, comme lors de la première vague. « Le président ne peut prendre de telles mesures sans faire ce qu’il avait fait c’est-à-dire soutenir ces Sénégalais qui risquent de perdre tout ou une bonne partie de leurs revenus. Nous ne pouvons que nous soumettre aux mesures édictées par l’autorité mais celle-ci doit aussi penser aux conséquences sociales et économiques de telles mesures. Il faut vraiment des mesures d’accompagnement. Sinon, les méfaits risquent d’être plus nombreux que les bienfaits ».

