De Youssouf DIMMA, correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Plusieurs dizaines de travailleurs du Centre Hospitalier Régional de Ziguinchor (CHRZ) ont assiégé ce mardi 22 décembre 2020, les locaux de l’administration de cet établissement sanitaire, occupant le perron et empêchant le directeur Martial Coly Bop de sortir pendant de 11 heures jusque vers les coups de 13h30. Ces travailleurs membres de l’intersyndicale de la santé regroupant cinq syndicats (SUTSAS, SAS, SAMES, CNTS et SYNTRAS), ont arboré des brassards rouges, portant leurs blouses de travail, leurs masques voire leurs combinaisons de blocs opératoires et de laboratoires.
Interrogé sur ce qu’ils reprochaient au directeur de leur établissement de santé, Siméon Faye, secrétaire général adjoint et chargé de la communication de l’intersyndicale, a déclaré que « nous étions en sit-in après une assemblée générale de mise à niveau des informations lorsque nous avons appris que notre directeur se préparait à aller en vacances de Noël auprès de sa famille et laisser ici d’honnêtes pères et mères de familles passer leur fête sans le moindre sou ; or, l’hôpital nous les indemnités des mois d’octobre et novembre qui auraient pu nous permettre de mieux traverser la fête de Noël, c’est pourquoi nous avons décidé ensemble de le séquestrer en disant que tant qu’il ne règle pas nos revendications, il passera la fête avec nous ici ».
Sur ce point, notamment en ce qui concerne l’expression « séquestration », le directeur Dr Martial Coly Bop a déclaré : « ils ne m’ont pas séquestré, ils se sont juste mis devant la porte de mon bureau car si je veux sortir je sors ; mais étant un administrateur, je fais mon travail et rédige un rapport que je j’enverrai à ma hiérarchie ».
Sur ce, prouvant la véracité de son démenti, vers les coups de 13h 30, le directeur de l’hôpital régional de Ziguinchor es effectivement sorti de son bureau, accompagné par le vigile en service devant l’entrée dudit bureau pour traverser toute la véranda du bloc administratif avant d’entrer au service administratif et financier et puis reprendre le même chemin pour retrouver au sien ; ceci, non sans être suivi par des dizaines de travailleurs visiblement en colère. Certains se sont mis à huer, d’autres à crier à tue-tête en battant les mains : « l’hôpital est malade ! »
Selon les syndicalistes, par la voie de Siméon Faye, « nous reprochons aussi au directeur le mauvais fonctionnement de notre hôpital, le fait que plusieurs agents sont allés à la retraite sans percevoir leur indemnité de départ, d’autres ne peuvent même pas toucher leurs pensions ».
En réponse, Dr Bop a dit avoir « hérité du fait que plusieurs dizaines d’agents n’avaient même pas de contrats, j’ai dû régulariser entièrement la situation d’une soixantaine d’entre eux et aujourd’hui ils perçoivent régulièrement leurs dus. Pour le reste, l’hôpital a plusieurs partenaires qui n’ont pas encore soldé leurs passifs et avec la situation de la pandémie de la Covid-19, nos recettes ont significativement baissé ; c’est hier seulement que nous avons tenu la dernière réunion avec ces partenaires pour trouver une solution à ces problèmes, et aujourd’hui j’ai convoqué une rencontre avec les syndicalistes, voilà que personne n’est venu ».
Plusieurs directeurs ayant précédé Dr Martial Coly Bop ont été confrontés à des crises multiformes dans cet établissement qui polarise une bonne partie de la sous-région.

