De Thierno Baye Diéne correspondant de Teranganews à Matam
Comme partout au Sénégal ou la deuxième vague a fini de s’installer avec une envolée des cas de contaminations. A Matam, ce qui inquiète populations et autorités, c’est le nombre quotidien de nouveaux cas, qui poursuit sa progression à la hausse.
La région de Matam est elle en train de devenir le foyer de la Covid-19 dans sa deuxième vague au Sénégal ? C’est une question qui se pose avec acuité dans la tête des populations. En effet, en une semaine, 28 personnes ont été testées positives à la Covid-19. Cette hausse soudaine des cas a fini de créer une véritable psychose auprès des habitants d’autant plus que c’est dans une école élémentaire de Ourossogui que tout s’est emballé. Ce samedi aussi « 5 cas issus de la transmission communautaires ont été rapportés » par le ministère de la Santé et de l’Action lors du point quotidien sur l’évolution de la pandémie au Sénégal qui est dans la deuxième vague.
Dans cette école qui compte plus de 350 élèves, une enseignante, avec quelques symptômes, avait été déclarée positive à la Covid-19 alors qu’elle était en contact avec ses collègues qui ne s’étaient pas douté de son état. Conséquence, 5 enseignants ont été contaminés et sont actuellement en traitement au centre aménagé de l’hôpital régional de Matam.
L’information s’est répandue comme une traînée de poudre dans la ville carrefour. L’école en question n’a pas été fermée comme le souhaitait la grande majorité des habitants de cette ville. Une situation qui grossit le sentiment d’inquiétude des parents d’élèves.
Aissata Diallo est la mère d’une élève inscrite dans cet établissement, elle a décidé de prendre les devants en retenant sa fille à la maison. « La situation est très grave dans cette école. Tout le monde a peur, des enseignants sont en traitement à Matam. Mais les autorités refusent de fermer l’école pour tester tout le personnel. Nous avons nos enfants la bas et on ne va pas les exposer comme ça. On ne sait pas qui a chopé le virus et qui est sain, c’est le flou. C’est pourquoi j’ai décidé de retenir ma fille à la maison. Je ne veux prendre aucun risque avec mes enfants. La situation est inquiétante puisqu’on nous dit que la deuxième vague du corona virus s’est déjà installée au Sénégal. » fait elle savoir.
Ces cas positifs notés dans cette école sont durement vécus par les élèves, victimes de stigmatisation de la part de leurs camarades des autres écoles à l’image de Adama, élève en classe de Cm2. « Mes amies des autres écoles se moquent de moi, elles disent que j’ai le virus du corona et elles me fuient. Il y’en a une, quand elle m’a vue, elle a couru pour éviter de me rencontrer. » se plaint elle avant de se rassurer en soutenant qu’elle est certaine qu’elle n’a pas chopé le virus.
Pour la journée de ce jeudi, 5 nouveaux cas ont été détectés portant le nombre de patients en traitement à 28. Et le pire est à craindre puisque les populations n’ont pas encore pris la pleine mesure du danger.
Malgré les nombreuses campagne de sensibilisation et les opérations répressives des forces de l’ordre, le masque est loin d’être adopté. Le décor dans les rues ne correspond pas à la situation sanitaire critique qui prévaut dans la région. Les gestes barrières sont bafoués, les gens continuent à se serrer la main sans ambages.
« La catastrophe est imminente. Personne ici ne respecte les gestes barrières. Les cas sont en train de se multiplier et les gens continuent de vaquer à leurs occupations comme si de rien était. Je refuse de serrer la main aux gens mais des personnes respectables te tendent la main et tu ne peux pas ne pas leur tendre la main. On va prier c’est le seul recours qui nous reste. » se plaint M. Kane professeur de Mathématiques. Sa crainte est partagée par Baba qui de son côté estime qu’il faut d’abord isoler les enseignants qui servent dans l’école où les cas de covid ont été détectés. « C’est une bombe qui se trouve dans cette école, les autorités n’en parlent pas mais nous, nous le savons. Ils attendront que les cas explosent pour prendre des mesures fortes. C’est maintenant qu’il faut prendre des mesures drastiques. Tous les enseignants et élèves de cette école doivent être testés. Ensuite déployer les forces de l’ordre pour exiger le port du masque. Si on attend encore ce sera trop tard. » préconise-t-il.
En attendant que les autorités locales corsent les mesures, le nombre de cas depuis le début de la pandémie est porté à 78. 3 ont déjà été emportés et 47 ont été guéris. 28 sont en traitement au CTE de Matam.

