La première visite officielle d’une délégation israélienne au Maroc, est arrivée hier mardi par le premier vol direct entre les deux pays, a sanctionné par la signature de plusieurs accords de coopération, moins de deux semaines après le rapprochement piloté par les Etats-Unis.
La liaison aérienne entre Tel-Aviv et Rabat a été inaugurée par Jared Kushner, le gendre et conseiller du président américain sortant Donald Trump, et le conseiller à la sécurité du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Meir Ben Shabbat.
Parti de l’aéroport de Tel-Aviv, l’avion s’est posé à l’aéroport de Rabat, avant une série de rendez-vous officiels, dont une audience au palais royal. Cette visite est le premier aboutissement de la longue négociation qui a conduit le Maroc à devenir le quatrième pays arabe à se rapprocher d’Israël, en contrepartie d’une reconnaissance américaine de sa «souveraineté» dans l’ancienne colonie espagnole du Sahara occidental.
Un accord qualifié de «tournant historique» par le roi du Maroc Mohamed VI, marquant une «nouvelle ère de coopération», selon Jared Kushner, et une «nouvelle percée majeure pour la paix», selon le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Le Maroc compte toujours la plus importante communauté juive d’Afrique du Nord (environ 3000 personnes) et reconnaît dans sa Constitution son «affluent hébraïque». Mais comme le Sahara, le soutien aux Palestiniens y est considéré une «cause nationale».
Dès l’annonce de la reprise des relations diplomatiques, Mohammed VI avait assuré au président palestinien Mahmoud Abbas la poursuite de «l’engagement permanent et soutenu du Maroc en faveur de la cause palestinienne juste». Le monarque de 57 ans a réitéré mardi la «position constante» du royaume basée sur une solution à deux États.
Si le cabinet royal salue une décision historique, une coalition regroupant une trentaine d’associations et de partis d’extrême gauche marocains a dénoncé la visite de la «délégation sioniste», appelant à «résister à la normalisation» avec Israël. Israël et le Maroc avaient déjà entretenu des relations officielles dans les années 1990, avant le déclenchement de la deuxième intifada en 2000.

