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Les maladies cardiovasculaires, un problème majeur de santé publique au Sénégal et en Afrique (Etude)

Regroupant l’ensemble des troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins, les maladies cardiovasculaires représentent un problème majeur de santé publique au Sénégal où environ deux personnes sur dix en meurent chaque année. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. En effet, un décès sur trois est lié aux maladies cardio-vasculaires, et on estime qu’elles causent près de 18 millions de décès par an dans le monde. Les pays à revenu faible ou intermédiaire représentent plus de 75% de ces décès.

Au Sénégal, les maladies cardiovasculaires représentent un problème majeur de santé publique où environ deux personnes sur dix en meurent chaque année. Cette situation est la conséquence des changements dans le mode de vie, des habitudes alimentaires tels que l’augmentation des apports caloriques, des aliments riches en lipides et en sel, avec comme corollaires un surpoids ou une obésité, une diminution des activités physiques quotidiennes et une hausse de la sédentarité. Également, cette situation s’expliquerait par un manque de mise en place et de diffusion de directives nationales de prise en charge, un faible niveau des activités de prévention primaire, un défaut d’implication de la communauté et une irrégularité de la disponibilité des médicaments pour traiter les maladies cardiovasculaires. En 2015, une enquête STEPS faite par le Ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) a révélé que la prévalence de l’hypertension était de 29,8% chez les personnes de 18 à 65 ans, et seuls 46% étaient conscients de leur statut et 17% sous traitement.

C’est dans ce contexte que, la Fondation Novartis a lancé Better Hearts Better Cities en 2017, une initiative multisectorielle mondiale, pour réduire le fardeau de l’hypertension artérielle et améliorer la santé cardiovasculaire au sein des populations urbaines à Dakar (Sénégal), à Oulan-Bator (Mongolie) et São Paulo (Brésil). A Dakar, la Fondation Novartis a collaboré avec le MSAS, IntraHealth, la Société Sénégalaise de Cardiologie (SOSECAR), PATH, et l’American Heart Association, pour améliorer la prise en charge de l’hypertension dans les structures de soins décentralisées du département de Dakar. Better Hearts Better Cities a également permis d’intensifier les services de dépistage et la formation des professionnels de santé sur les nouvelles pratiques, non seulement pour le diagnostic mais aussi pour le traitement. Comme souligné par le Directeur de la lutte contre la Maladie du MSAS, Dr. Babacar Gueye: «Au début du de la mise en œuvre, une analyse situationnelle avait montré un gap de formation des ressources humaines pour la prise en charge de l’hypertension artérielle. Ainsi, l’initiative Better Hearts Better Cities a permis de renforcer le système de santé, en améliorant les capacités des prestataires dans le prise en charge de cette pathologie ».

En outre, Better Hearts Better Cities a permis de mettre en place des algorithmes de prise en charge de l’hypertension artérielle. Elle a également permis de formaliser avec l’accord du MSAS une délégation de tâches dans la prise en charge curative et préventive de l’hypertension artérielle et d’organiser la prise en charge de l’hypertension à risque faible par l’infirmier, ainsi que la pratique du dépistage par les acteurs communautaires de santé. Grâce à un fort soutien et une appropriation locale, l’initiative a eu un impact considérable grâce à ses interventions de renforcement des systèmes de santé :

  • Le gouvernement a institué un nouveau changement de politique faisant du dépistage de l’hypertension artérielle une pratique par défaut pour tous les patients de 18 ans et plus visitant les structures sanitaires du département de Dakar ;
  • L’implication des acteurs communautaires de santé sur la prévention de l’hypertension artérielle fut un changement majeur. Elle a permis de booster largement le taux de dépistage, ainsi que le suivi et l’amélioration du niveau de connaissance des populations sur l’hypertension artérielle ;
  • Dans le suivi d’une cohorte de plus de 7’000 patients hypertendus par les professionnels de santé des centres et postes, il a été constaté que le nombre de patients sous contrôle pour l’hypertension artérielle (avec des niveaux de pression artérielle <140/90 mmg) a augmenté de près de huit fois, grâce aux formations et au modèle de supervision continue des prestataires de soins dans les districts sanitaires ;
  • Selon des résultats préliminaires d’impact, l’intervention s’est avérée réduire de près de 30% le nombre de maladies coronariennes et d’accidents vasculaires cérébraux sur les deux années de la mise en œuvre de l’initiative.

Selon Dr Jose Maria Ferrer, Director of International Health, American Heart Association, « grâce à Better Hearts Better Cities, la lutte contre l’hypertension artérielle dans les communautés, les centres de santé, les lieux de travail, et les écoles a apporté un changement systémique à Dakar qui a contribué à réduire le taux et les complications des maladies cardiovasculaires ». – Dr Jose Maria Ferrer, Director of International Health, American Heart Association. »

Ainsi « pour atteindre les objectifs de l’OMS d’ici 2025, de vastes efforts concertés sont nécessaires pour réduire de 25% les décès prématurés dus aux maladies cardiovasculaires, et il faut intégrer tous les secteurs dans cette lutte. En complément à Better Hearts Better Cities, la Fondation Novartis, en collaboration avec l’Université de Bâle, l’Université Nelson Mandela, le Ministère Sud-Africain de l’Éducation et L’Institut Tropical et de Santé Publique Suisse, ont collaboré à la mise en œuvre de l’initiative KaziBantu qui se traduit par ‘Des écoles saines pour des communautés saines’. » renseigne l’étude.

En effet l’initiative, « KaziBantu vise à améliorer la santé cardiovasculaire des écoliers et de leurs enseignants dans les écoles défavorisées de Port Elizabeth pour améliorer les performances scolaires des enfants et réduire le risque de maladies cardiovasculaires. Des recherches menées par l’Université de Bâle et l’Université de Nelson Mandela ont révélé que 23% des écoliers souffraient d’hypertension et 14% étaient en surpoids, ce qui les exposait à un risque accru de développer une maladie cardiovasculaire précoce. Une publication récente du groupe BMJ Open Sport & Exercise Medicine a révélé que 40% des enfants n’atteignaient pas les niveaux d’activité physique recommandés- ils faisaient moins d’une heure d’activité physique modérée à vigoureuse par jour. En outre, les enfants qui ont démontré des niveaux de forme physique plus élevés ont montré des risques cardiovasculaires nettement réduits. Sans équivoque, la réduction du risque de développer une maladie cardiovasculaire commence plus tôt que la plupart ne le pensent. La pandémie du COVID-19 qui a entraîné des confinements affectant les déplacements des personnes dans de nombreux pays pourrait exacerber l’inactivité physique, précipitant une augmentation des cas d’hypertension. »

Les maladies cardiovasculaires, facteur de risque primaire du COVID-19

Les pays ne peuvent plus se permettre d’ignorer les maladies cardiovasculaires, qui ont figuré comme facteur de risque primaire du COVID-19, un virus qui a entraîné plus d’un million de décès signalés dans le monde. Il est impératif d’améliorer la qualité des soins de santé en Afrique subsaharienne pour réduire le risque d’événements cardiovasculaires et d’innover dans la prestation des soins pour prévenir en premier lieu les complications de ces maladies.

« A cet effet, la Fondation Novartis et IntraHealth s’engagent à adresser ce fardeau croissant en Afrique et à encourager les pays à mettre en œuvre les leçons apprises et les meilleures pratiques développées dans les initiatives de Better Hearts Better Cities et Kazibantu. », souligne l’article coécrit par Dr Ann Aerts, Directrice de la Fondation Novartis et le Dr Babacar Gueye, Chef de mission/Directeur pays, IntraHealth International.

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Khadim FALL

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