Synonyme de partage, de solidarité, d’entre-aide et d’humilité, le mois de ramadan 2020, revêt un cachet tout particulier avec la pandémie du covid-19 qui a tout chamboulé mêmes les pratiques religieuses ne sont épargnées. Entre couvre-feu et état d’urgence, les dakarois rencontrés essaient de s’organiser pour s’adapter à cette situation inédite. Reportage…
De violentes rafales de vent ont fini de chasser les habitants de Fann Hock et plus presque personne sur les bancs qui jouxtent le Canal 4 qui a refait peau neuve.
Et, c’est dans les dédales de ce quartier universitaire que nous croisons ce grand gaillard,« j’ai vraiment un pincement au cœur, les nafilas (prière en groupe) me manque ce sont des nuits bénies et pleines de spiritualités en groupe qu’il va falloir abandonner, c’est difficile mais à l’impossible nul n’est tenu on va continuer à le faire à la maison en famille », confie El hadji Moussa. Ce qui est le cas pour Serigne Modou, «nous sommes obligés de respecter les décisions gouvernementales, il y va aussi de notre bien. Mais ce qui me manque le plus ce sont les moments de rupture à la mosquée, le café chaud avec tout le monde. Ah ce virus, il a tout arrêté pour ce mois de partage et de communion ».
Fermeture des mosquées et interdiction de tous les rassemblements, les musulmans du monde sont confinés chez eux en cette période de ramadan.
« Ce virus a réussi à ravir le charme au ramadan, pas de prières à la mosquée, même les chaines de solidarité ont été coupées nettes. Ici à chaque ramadan, on voyait à chaque coin de rue des jeunes qui s’activaient autour des marmites pour préparer des mets à offrir gratuitement aux passants mais pour cette année rien, covid-19 est passé par là », regrette Matar qui gère une cantine au coin de la rue qui mène vers le rond-point Sham.
« Les choses ne se dérouleront pas comme les années précédentes. Nous ne partagerons pas de repas avec nos familles et nos amis. », nous confie Youssef un ressortissant maghrébin expatrié au Sénégal pour y étudier et exercer la profession de médecine.
Tout comme Youssef, Yaya, « c’est dommage mais c’est comme ça même l’Islam nous recommande de nous protéger et de protéger les autres. Si la Mecque a fermé la Kaaba et suspendre toutes les opérations liées au Hajj, l’un des cinq piliers de l’islam, c’est parce que la situation est suffisamment grave. »
Sur le même ton, Yacine est d’avis que, « cette année avec l’inquiétude et la méfiance chacun reste chez lui pas d’invitation pour le Iftar. J’ai des collègues qui habitent seuls mais je ne peux pas les inviter à la rupture comme je le faisais les années précédentes. » Même si elle reconnait qu’avec cette situation ça permet de se reconnecter avec soi-même aussi. C’est juste une sorte de retraite spirituelle ».
Tout comme Yacine Amdy pense que, « ce moment est propice pour prier et méditer sur soi ! Je pense que cela va nous permettre de mieux nous retrouver. C’est aussi l’occasion de savourer les petits moments simples de la vie en famille ».
En attendant la fin de cette pandémie mondiale qui a fini de s’installer au Sénégal avec son lot de décès 13 lors du dernier décompte réalisé ce vendredi 8 mai, pour plus de 1 551 cas confirmés du coronavirus, les sénégalais vont prendre leur mal en patience tout en respectant les mesures de préventions individuelles et collectives…

