De Adama SENE Teranganews à Saint-Louis
Le mois de ramadan a accentué davantage les embouteillages entre l’ile et le faubourg de Sor sur le pont Faidherbe, surtout aux heures de pointe. Seul cordon ombilical entre le centre-ville et le continent, le mythique pont devient à ces heures de descente et de courses pour les préparatifs du « ndogou » un véritable parcours du combattant pour les usagers. D’ailleurs il n’est pas rare d’assister à des scènes assez cocasses entre chauffeurs malgré la présence d’agents de la police pour réguler la circulation. Reportage…
Aux heures de pointe, trouver un taxi pour traverser le pont Faidherbe quel que soit du côté que l’on est (Ile ou Sor), relève du miracle. Le client peut rester très longtemps sur le bord de la route sans voir l’ombre d’un « jaune et noir ». A ces heures d’embouteillage à l’entrée de l’infrastructure, aucun chauffeur de transport ne veut prendre le risque de monter ou descendre. Tellement la circulation est dense et va aux pas de caméléon.
Des files indiennes de voitures sont visibles sur des centaines de mètres et dans toutes les rues contigües à la gouvernance de Saint-Louis. C’est le même scénario qu’on note dans les avenues environnantes du grand marché de Sor. Une situation de longue attente qui tend souvent les nerfs des usagers. Ainsi pour une banale affaire de klaxons ou autres gestes de la main, de gros gaillards se donnent en spectacle. La faim et la soif du ramadan aidant, les scènes de pugilat sont devenues monnaie courante dans les embouteillages. Entre usagers de la circulation, on ne se fait aucun cadeau, aucune concession pour essayer de se comprendre et de se pardonner.

Coincé dans les bouchons, au milieu des concerts de klaxons, Pape Diop ou « Boy Fass » pour les amis chauffeurs de taxis, déverse sa colère sur les « impatients » de la route. Selon lui, rien ne justifie cet empressement et cette violence verbale ou physique entre gens civilisés. « Ici tout le monde est pressé d’aller faire d’autres courses, mais cela ne doit pas être un motif pour se bagarrer en pleine rue comme des chiffonniers. Pour un oui ou pour un non certains chauffeurs incorrects, vulgaires, pestent pour exhorter leurs collègues à avancer. En retour, ils reçoivent des propos désobligeants pour protester. Ce sont ces échanges de propos aigres-doux qui motivent souvent les tensions dans les embouteillages. Personne ne veut rester des heures dans cette situation ne respirant que de la fumée sans bouger, mais il faut qu’on soit discipliné » a-t-il avancé derrière ses lunettes noires.
Le versement journalier, difficilement bouclé
Cependant bon nombre de chauffeurs de transports publics reconnaissent que les bouchons leur causent de lourds dommages dans leurs versements quotidiens. « Les temps sont durs, avec le ramadan où le temps des courses nous est compté, le couvre-feu et les mesures fixées pour le nombre de clients à transporter. Il est difficile aux chauffeurs de bus et de taxis de réunir le versement quotidien. Vous l’avez constaté, la situation s’est empirée avec le ramadan, on dirait tous les véhicules de la ville se donnent rendez-vous ici et à la même heure.
C’est une véritable catastrophe. Pour faire le tour de la gouvernance et remonter le pont, on peut perdre plus de deux heures ou plus sur une distance de moins d’un kilomètre. Souvent à la fin de la journée certains chauffeurs ne parviennent pas à rembourser le carburant emprunté à la station le matin à plus forte raison de s’acquitter de leur versement quotidien auprès du transporteur. Ce stress permanant des chauffeurs de transports est également un des sources des nombreuses querelles dans la circulation » a expliqué un vieux chauffeur. Raison pour laquelle, les nombreux embouteillages dont sont victimes les usagers de la route de la ville tricentenaire, méritent une analyse approfondie pour leur trouver des solutions durables.

Un second pont, seule alternative
A en croire beaucoup de saint-louisiens, la police de la circulation abat un important travail pour réguler, mais il n’y a pas d’autres pistes que d’ériger un second pont pour fluidifier davantage la mobilité entre l’Ile et le continent. « Le pont Faidherbe, ne peut plus contenir à lui seul les nombreuses traversées en temps réel. Parfois la situation des embouteillages ne permet pas aux ambulances de passer rapidement. Ce qui constitue un danger pour les malades évacués. Ensuite la population a considérablement augmenté et le parc automobile avec. Donc l’idée qui a été agitée avec le régime de Wade, c’est –à-dire de construire un deuxième pont doit être réalisé. La ville en a grandement besoin. C’est la seule et unique alternative pour soulager les usagers du temps perdu sur ce tronçon de moins d’un kilomètre. Les gens perdent énormément de temps dans les bouchons pour traverser le pont, alors s’il y avait une seconde infrastructure, tel ne serait pas le cas », lance Moda Fall, secrétaire administratif du mouvement citoyen « Ndar Debout » avant de faufiler avec sa grosse caisse entre les files de véhicules avançant à pas de tortue.

