De Amédine FAYE, correspondant TerangaNews à Tambacounda.
La crise sanitaire du Covid-19 qui a fini de provoquer une crise économique et financière porte un coup sévère à la presse déjà mal en point. A Tambacounda, notre correspondant est allé à la rencontre de certains patrons de médias locaux…Reportage
Si l’essentiel des recettes de ces entreprises de presse est tiré de la publicité, aujourd’hui, avec la pandémie, les marchés publicitaires se font rares. Cela cause des incidences financières sur leur fonctionnement. C’est le constat de Maké Dangnokho, journaliste et directeur général de Alkuma, groupe de presse qui dispose d’une radio, d’un site d’informations générales et d’un mensuel.
«Au plan financier, toutes les entreprises souffrent (…) parce qu’il n’y a plus de publicité. Plus de 60% des recettes d’une entreprise de presse proviennent de la publicité. La publicité en tant que telle, les chiffres d’affaires ont drastiquement baissé. Puisque nous sommes un média privé, nous n’avons pas de soutien (…) », affirme-t-il.
Tout comme Alkuma, la station régionale de la radio Dunya/Tambacounda vit cette nouvelle donne imposée par la pandémie.
« Je peux dire que tous les secteurs sont à l’arrêt. Les médias, notamment, ceux des régions, rencontrent des difficultés(…) Les entreprises de vente ne se signalent plus pour sponsoriser nos émissions(…) », se désole Amadou Diallo, rédacteur en chef de la radio.
le Covid-19 a imposé aux médias son actualité,
« (…) On ne parle que du Covid-19. Nos émissions sont presque pauvres(…) parce qu’il n’y a pas autre chose », observe Maké Dangnokho.
L’Etat du Sénégal, à travers le programme de résilience économique et sociale avec le Force Covid-19, compte soutenir les secteurs impactés par la pandémie. Le secteur de la presse en est concerné. Déjà, l’aide, qui lui est consacrée, est revue à la hausse cette année, son montant a doublé, soit 1milliard 400 millions fcfa. Les acteurs des médias s’en réjouissent.
«(…) C’est une très bonne chose et ça va nous permettre de souffler(…) Cette aide vient(…) pour aider les entreprises de presse à pouvoir supporter leurs charges, à éponger leurs dettes et peut-être à faire des investissements(…) », se félicite le Directeur général de Alkuma.
En attendant de recevoir l’aide à la presse et de bénéficier du Programme de résilience économique et sociale, à Tambacounda, les entreprises de presse tentent difficilement de nouer des conventions de partenariat avec des structures régionales pour espérer des rentrées d’argent afin d’assurer leur fonctionnement.

