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Thilogne : Le lieu d’isolement non opérationnel

De Thierno Baye Diene, TerangaNews Matam

Les populations de la commune de thilogne avaient mis des pieds et des mains pour décrocher la construction d’un nouveau centre de santé moderne.

Les travaux avaient démarré depuis plus de trois années mais ils tardent toujours à se terminer. Ces retards avaient suscité le courroux des populations qui avaient arboré les brassards lors de la visite du ministre de la santé à Agnam et Thilogne. Face à cet accueil peu chaleureux, Abdoulaye Diouf Sarr prit l’engagement de terminer les travaux et de remettre officiellement les clés de la structure sanitaire le 15 décembre 2019. Un rendez-vous manqué et le ministre sera déclaré persona non grata à thilogne par une frange.
De concert avec la région médicale, le médecin, chef de district de Thilogne et le comité de santé ont choisi les nouveaux locaux du centre de santé comme le lieu d’isolement des éventuels cas suspects du coronavirus. Un tour effectué sur les lieux identifiés a permis de remarquer qu’ils ne sont pas encore opérationnels. Bien qu’il y ait quasiment toute la logistique nécessaire, la salubrité à l’intérieur de l’édifice est loin de répondre aux normes adéquates. La menace du Covid 19 se fait de plus en plus sentir avec le nombre de cas confirmés qui va crescendo dans le Sénégal. Mais à Thilogne, la structure devra être dépoussiérée et nettoyée avant de pouvoir accueillir d’éventuels malades.

Cette situation ne rassure guère cet ingénieur de la CSE qui n’a pas souhaité décliner son identité « Tout le dispositif doit être prêt pour faire face à cette pandémie si jamais elle se présentait dans la localité, analyse-t-il, cette maladie est dangereuse raison pour laquelle il faut prévoir la riposte ». En effet, la région dispose de deux centres hospitaliers, l’un est implanté à Ourossogui et l’autre à Matam, ils sont distants d’à peine 10 km. A 50 km de Ourossogui au nord, il y a deux centres de santé modernes côte à côte, à Thilogne et à Agnam Civol, deux localités séparées seulement de 6 km. Ces incohérences pourraient toutefois être moins saillantes en cette période d’état d’alerte si ces deux structures parvenaient à répondre aux besoins ponctuels.

A la structure de santé sise près de la case des tout-petits, les mesures de prévention sont rigoureusement respectées. Un vigile est commis à l’entrée du centre pour obliger les patients à se laver les mains avant de continuer. Mme Sall, née Bolo Lom porte un masque de protection en sus d’avoir un gel antiseptique à portée de main « Ce n’est pas sûr, répond-elle dans un éclat de rire à la question pourquoi met-elle un masque. Les patients qui se présentent à moi ne se tiennent pas tous à bonne distance. Pour me protéger, j’ai jugé utile de ne pas prendre de risque. »

En attendant le déménagement la semaine prochaine, le personnel du centre de santé a déjà réceptionné les combinaisons fournies par le ministère et multiplie les sensibilisations auprès notamment des populations rurales des villages et hameaux, à travers les relais communautaires capacités pour les circonstances.

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Mame Khary Leye

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