De Amédine FAYE, correspondant Téranga News à Tambacounda.
Les gobelets, les couverts, les assiettes, les pailles, les bâtonnets mélangeurs pour boisson, les sachets destinés et utilisés pour conditionner tout type de boisson, les sacs plastiques sortis de caisse etc. sont interdits sur tout le territoire national à compter du 20 avril prochain. C’est parce que la loi n° 2020-04 du 8 janvier 2020 relative à la prévention et à la réduction de l’incidence sur l’environnement des produits plastiques entre en vigueur à partir de cette date. A Tambacounda, ce vendredi 6 mars 2020, au cours d’un Comité régional de développement (Crd) de partage avec les acteurs locaux sur les nouvelles dispositions de la loi sur le plastique, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall, a fait savoir que cette législation « sera appliquée dans toute sa rigueur avec intelligence ». Tout de même, il assure que cette loi n’entend pas « entraver » les activités économiques des sénégalais.
« Une gestion rationnelle des déchets plastiques » pour…
« La rencontre (…) vise principalement une compréhension commune et sans équivoque de cette loi. Elle se veut également une occasion pour échanger et recueillir des avis et suggestions des participants pour assurer une mise en œuvre réussie de cette loi sur toute l’étendue du territoire national (…). La région de Tambacounda, de par sa position géographique, occupe une place centrale dans la stratégie de lutte contre le péril plastique au Sénégal. En effet, en tant que région frontalière, le contrôle de l’entrée frauduleuse de produits plastiques prohibés constitue un grand défi. C’est pourquoi l’engagement et la vigilance des services déconcentrés des Douanes, de la gendarmerie et de la police des frontières me semblent essentiels pour relever le défi. Il s’y ajoute que des efforts soutenus doivent être menés à tous les niveaux, pour assurer une gestion rationnelle des déchets plastiques qui polluent nos pâturages, nos cours d’eau, causant ainsi des dommages graves à l’élevage et à l’agriculture(…) ».
…« Atteindre les objectifs fixés dans un contexte de mise en œuvre du Plan Sénégal émergent vert »
« La pollution plastique est devenue un fléau mondial dont l’incidence négative sur le milieu naturel et le cadre de vie des populations n’est plus à démontrer. Devant ce problème, le Sénégal fidèle à sa tradition de pays résolument engagé dans la protection de l’environnement et dans la promotion du développement durable a pris une série de mesures parmi lesquelles la mise en place d’une loi visant à lutter contre la pollution plastique. Il s’agit en l’occurrence de la loi n° 2015-09 du 4 mai 2015, relative à l’interdiction de la production, de l’importation, de la détention, de la distribution, de l’utilisation de sachets plastiques de faible micronnage et à la gestion rationnelle des déchets plastiques(…) Sa révision s’imposait comme une nécessité absolue pour atteindre les objectifs fixés dans un contexte de mise en œuvre du Plan Sénégal émergent vert et du programme Zéro déchet(…). Ainsi l’illustration de la volonté renouvelée du gouvernement du Sénégal à éradiquer la pollution plastique est marquée par la loi n°2020-04 du 08 janvier 2020 relative à la prévention et à la réduction de l’incidence sur l’environnement des produits plastiques qui abroge et remplace la loi n°2015-09 du 04 mai 2015(…) ».
« De nombreuses innovations », avec cette nouvelle loi…
« Cette nouvelle loi comporte de nombreuses innovations. Elle repose sur une stratégie holistique de réduction de la quantité de déchets plastiques produits, et une modification des procédés de valorisation de ces sachets plastiques avec pour objectif ultime d’élimination totale du stockage en décharge et de la combustion partielle en incinérateur ou l’air libre. Entre autres innovations, elle introduit, l’interdiction de certains produits plastiques à usage unique ou produits plastiques jetables(…), le balisement total des sacs plastiques sortis de caisse, la consignation des bouteilles en plastique afin notamment d’améliorer la collecte de ces contenants et par suite, l’obligation pour le producteur, au titre de la responsabilité élargie, d’assurer la gestion des déchets issus des produits qu’ils mettent sur le marché, l’obligation d’incorporer du plastique recyclé dans la fabrication des produits plastiques neufs, la création d’une taxe sur la matière plastique non recyclable afin d’inciter à l’utilisation de matière plastique recyclable, l’interdiction d’importer au Sénégal des déchets plastiques ».
…Dont l’objectif « n’est pas d’entraver les activités économiques »
« La loi sera appliquée dans toute sa rigueur. Elle sera appliquée avec beaucoup d’intelligence. Notre objectif, à travers cette loi, n’est pas d’entraver les activités économiques. Bien au contraire, il s’agit de mettre un terme à la prolifération anarchique des déchets plastiques qui menace notre économie, notre santé et notre environnement. Elle couvre la voie à l’innovation dans la promotion des modes de production et de consommation durable(…).Je reste convaincu que c’est au prix d’un engagement collectif de tous nos citoyens que nous arrivons à vaincre le péril plastique et léguer aux générations futures une planète saine. L’Etat, son rôle, c’est d’aider les populations(…) Nous savons que durant la période du mois de ramadan qui correspond à une période de chaleur dans certaines régions, les populations ont besoin d’avoir des sachets d’eau, des sachets de glace. Nous sommes en train de réfléchir pour que cette partie des produits plastiques qui sont interdits, de voir quelles sont les souplesses que nous allons apporter pour permettre à nos concitoyens de faire le mois de ramadan dans d’excellentes conditions(…) ».

