De Adama SENE, TerangaNews Saint-Louis
Les nouvelles dispositions de la loi n° 2020-04 du 08 janvier 2020 relative à la prévention et à la réduction de l’incidence des produits plastiques sur l’environnement, ont été partagées à Saint-Louis via un comité régional de développement (CRD) spécial présidé par le ministre de l’environnement et du développement durable, Abdou Karim Sall. Une rencontre que ce dernier a saisi pour déplorer la situation catastrophique causée par les déchets plastiques, mais également pour déclarer que le pays ne recycle seulement que 8000 tonnes sur les 200.000 tonnes de déchets plastiques produits annuellement au Sénégal.
Pour une compréhension commune et sans équivoque de la nouvelle loi contre les déchets plastiques dont l’entrée en vigueur est prévue le 20 Avril prochain, le ministre de l’Environnement sillonne le Sénégal pour sensibiliser, échanger et recueillir les avis et suggestions de tous les acteurs pour assurer une parfaite mise en œuvre de celle-ci. A en croire Abdou Karim Sall, Saint-Louis est aussi touchée que les autres localités du pays par le péril plastique. Ce qui constitue un sujet de préoccupation aux plans économique et social dont toutes les couches doivent être y associer pour faire face. « La région de Saint- Louis est caractérisée par la présence d’infrastructures écologiques très sensibles, dont des cours d’eau, des lacs et la mer qui sont souvent les lieux d’expression des formes les plus graves de la pollution plastique avec notamment ses effets néfastes sur la biodiversité aquatique », a soutenu-le ministre de l’Environnement et du développement durable. Avant de se désoler de la pollution plastique qui défigure le cadre de vie de la ville tricentenaire. « La pollution visuelle de déchets plastiques qui accueille le visiteur à l’entrée de la ville contraste avec l’image que nous voulons donner de cette belle localité, surtout pour booster son développement touristique. Donc l’application de la loi sera sans doute un moyen pour rendre cette région plus attrayante aux plans économique, social et environnemental », a-t-il poursuivi.
Selon lui, force est de constater, qu’après plus de quatre années de mise en œuvre de la loi n° 2015-09 du 04 mai 2015 relative à l’interdiction de la production, de l’importation, de la détention, de la distribution, de l’utilisation de sachets plastiques de faible micronnage et à la gestion rationnelle des déchets plastiques, la tendance de pollution plastique est restée toujours au même stade de dégradation de l’environnement. Raison pour laquelle, le ministre s’est voulu être plus ferme dans l’application de la nouvelle loi. « Nous avons entendu le monde mais cette nouvelle loi ne sera pas comme les autres. Elle sera appliquée dans toute sa rigueur. D’ailleurs toutes les forces de défense et de sécurité seront mises en contribution dans la lutte et les amendes et peines corsées pour réussir cette mission afin de permettre aux populations de s’épanouir dans un environnement sain, comme le lui garantit la Constitution du Sénégal. Notre pays produit annuellement plus de 200.000 tonnes de déchets plastiques pour en recycler que 80.000 tonnes seulement. Pourtant les importations de produits plastiques ont augmenté de 20% alors que la production industrielle de plastique connait une hausse de 7%. Cela ne peut plus continuer », a conclu le ministre de l’Environnement et du développement durable.

