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Chronique agriculture Teranganews : Autosuffisance alimentaire des NATIONS et Refonte du système MONDIAL de fixation des prix sur les denrées

Par Léonard PIGEON  PDG  www.stationagritechno.org

La situation d’état de crise mondiale provoquée par la pandémie COVID-19 poussera-t-elle les pays en développement, plus spécifiquement ceux qui dépendent massivement de l’importation de produits alimentaires essentiels, à revoir leurs priorités nationales en termes de développement?

Cette interrogation, laquelle endosse un caractère fondamental qu’est celui de l’autosuffisance alimentaire d’une Nation, conduira-t-elle à une refonte du système économique mondial actuel qui est majoritairement basé sur la spéculation boursière ? Sachant que ce système de fixation des prix des denrées alimentaires de base pénalise depuis bon nombre d’années les pays en développement, dans le contexte actuel de crise mondiale, il est fort à parier qu’il impactera de plein fouet les pays en voie de développement comme c’est le cas pour la majorité des pays d’Afrique.

Un débat qui n’est certes pas nouveau, mais qui prend aujourd’hui sa pleine mesure. Ni les grandes puissances économiques, ni les architectes du commerce mondial pourront argumenter, comme à l’époque de l’avant COVID-19, sur le bien-fondé de l’imposition tout azimut d’un tel mécanisme. Des concessions s’imposent !

Lundi dernier, 23 mars, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) lançait une alerte sur le risque imminent d’inflation sur les prix mondiaux des denrées alimentaires de base, si les achats de panique continuent à prendre de l’ampleur (Réf-1http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200323-fao-alerte-risque-inflation-alimentaire-mondiale ). Après des semaines de confinement, peut-on lire, la Chine, tout comme l’Arabie Saoudite ou la Corée du Sud, ont placé des commandes de quantités records de maïs, de blé, de soja aux États-Unis, entre autres. À lui seul, le cours du blé a subi une augmentation de 7,5% en une semaine seulement. Les marchés de la première bourse de denrées alimentaires que celle du Chicago Bord of Trade partiront-ils en hausse ? Ce phénomène risque grandement de se poursuivre à l’instar de la progression de la pandémie sur le territoire de la première puissance mondiale.

Qui plus est, la situation risque de s’envenimer davantage avec les restrictions imposées aux frontières partout dans le monde. Et c’est sans compter les difficultés qu’éprouveront les agriculteurs de l’hémisphère nord, eux aussi affectés par la pandémie, lesquels entament actuellement les semis. Dans un article du très sérieux média The Atlantic (Réf-2 https://www.theatlantic.com/health/archive/2020/03/how-will-coronavirus-end/608719/), d’éminents spécialistes Américains de la santé prévoient une véritable chute aux enfers du côté des États-Unis compte tenu des mesures préventives prisent aléatoirement contre COVID-19. On peine à en imaginer les conséquences sur le reste du monde, et plus spécifiquement sur les pays économiquement fragiles.

Faire de l’Agriculture une priorité ! On peut toutefois se féliciter de la prise de position de certains chefs d’États à cet égard. On se souviendra du slogan lancé par le Président Macky SALL quelques années passées, soit de « transformer les paysans sénégalais en agriculteurs » avec comme objectif la création d’une agriculture modernisée visant l’atteinte de l’autosuffisance. Un message qui s’accompagna d’une mise en place de barrières tarifaires favorisant ainsi le développement de certaines productions sénégalaises, tel le poulet et les oignons.

Dans la même foulée, le premier ministre du Québec (Canada), Monsieur François Legault, lançait récemment sur les ondes un message des plus clairs aux 8.5 millions de québécoises et québécois : « acheter des produits locaux, félicitons et remercions chaleureusement les agricultrices et les agriculteurs, et tous ceux qui œuvrent dans la chaîne alimentaire pour le formidable travail qu’ils accomplissent en ces temps difficiles. »

Les impératifs d’un pays en développement comme le Sénégal sont toutefois bien différents en comparaison des pays dits développés. Si la communauté internationale doit endosser le lourd fardeau qu’est celui d’enclencher une refonte des mécanismes de fixation des prix de l’alimentation à l’échelle mondiale, cette crise commande aussi aux chefs d’États des pays importateurs de tout mettre en œuvre pour moderniser rapidement leur Agriculture afin de sécuriser les besoins alimentaires de toute leur population, et ce, 365 jours par année.
La science et les outils modernes sont à portée de main, le savoir-faire est aujourd’hui partout accessible. Cette crise sans précédent donne un signal fort, soit celui de « passer à l’action, dès maintenant ! »

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Mame Khary Leye

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