De Youssouf DIMMA, TerangaNews Ziguinchor
Les populations du quartier Lyndiane et de ses environs arborent des brassards rouges ce dimanche 16 février et descendent sur le site de construction de l’une des principales routes de ce quartier, communément appelé le « boulevard Alpha », pour protester contre selon elles, d’une part la « mauvaise construction de cette route », d’autre part « son non raccordement à la route du Cap-Skirring ».
A en croire l’un des porte-paroles des manifestants, El Hadji Omar Diatta, la construction de cette route qui dessert les six (06) quartiers que sont Grand-Yoff, Lyndiane, Coboda, Soucoupapaye, Djirigho et Colobane «a démarré en septembre 2018 pour une durée de 8 mois, voilà que nous sommes en février 2020, elle n’est pas encore finie ».
Pour lui, « et puis, non seulement on a réduit ses dimensions de 25 mètres de largeur à 7 mètres et nous avons laissé faire, mais aussi on a construit des canaux à ciel ouvert qui nous empêchent, les riverains, de traverser correctement ; pis encore, on nous dit qu’elle va s’arrêter non loin du dispensaire Mané (dispensaire municipal de Lyndiane : Ndlr), cette fois-ci, nous n’allons pas nous laisser faire ! ».
Le jeune homme habillé en rouge pour matérialiser l’expression de sa « colère », a indiqué qu’ « on nous a dit que la route s’arrêtera ici parce qu’elle ne pourra pas continuer et être raccordée à la route de du Cap-Skirring au niveau de Colobane en raison du fait qu’il y a devant un terrain qui appartient à l’Eglise et qui est un titre foncier ; nous sommes dans quel pays ? Tout le monde sait que l’Etat exproprie des terrains en relogeant et indemnisant leurs propriétaires pour le bien de la population, pourquoi pas ici ? »
« Nos maisons sont menacées d’écroulement à cause de la mauvaise construction de cette route, regardez ces maisons ! », a renchéri-Mohamed El Bachir Badji, l’autre porte-parole des manifestants.
Les manifestants ont déclaré, par la voix d’El Hadji Omar Diatta, que « cette route devrait permettre l’évacuation des eaux de ruissellement de Lyndiane jusque dans le fleuve, mais si elle s’arrête ici, vous imaginez aisément qu’il y aura un bassin de rétention qui sera un danger permanent pour nos enfants ».
Ces déclarations des porte-paroles des manifestants sont ponctuées par plusieurs cris du cœur des hommes, femmes et jeunes qui les entourent en disant : « c’est pas normal ! » ou encore « Bakhoul ! (Elle est mauvaise !) ».

