De Adama SENE TerangaNews Saint Louis
Les populations de la Langue de Barbarie ont bruyamment manifesté leur colère sur ce qu’elles appellent l’arnaque sur les licences de pêche mauritanienne. Les manifestants ont livré une véritable intifada face aux forces de l’ordre pour exiger des autorités sénégalaises une prise en charge sérieuse de leur sécurité et de leurs droits. D’ailleurs les affrontements ont occasionné des blessés dans les deux camps et quelques arrestations.

La journée a été longue et très chaude dans la Langue de Barbarie et dans l’Ile entre les pêcheurs de Guet-Ndar et les forces de l’ordre. Sans crier gare, les populations locales ont envahi le pont Moustapha Malick Gaye pour déverser leur colère sur les autorités gouvernementales. Pour montrer leur opiniâtreté à se faire entendre, hommes, femmes, jeunes, arborant des brassards rouges ont barré le pont par de vieilles embarcations et des pneus brûlés paralysant toute la circulation entre l’Ile et la Langue de Barbarie. Un blocage que les autorités administratives ont voulu levé avec l’intervention des forces de l’ordre. Mais c’était sans compter avec la volonté des manifestants qui ne voulaient en aucun cas céder sans être reçues et entendues par les autorités. Alors s’en est suivie d’intenses échanges de jets de pierres et des tirs de lacrymogènes entre les deux camps. D’ailleurs de nombreux blessés (une vingtaine dont des gradés) ont été enregistrés du côté des forces de l’ordre et des interpellations notées dans les rangs des manifestants.
Dans leur furie, les pêcheurs ont incendié des pneus, des carcasses de pirogues et une Toyota 4×4 double cabine stationnée dans le parking de l’agence régionale de la Senelec. Divisés en plusieurs petits groupes dans l’Ile et dans la Langue de Barbarie, les manifestants ont donné du fil à retordre aux policiers pendant des heures. A en croire certaines organisations de pêcheurs, cette situation est invivable et le traitement imposé par la Mauritanie est humainement inqualifiable. « Nos autorités et celles de la Mauritanie n’ont aucun respect envers les populations de la Langue de Barbarie. Depuis plus de 05 mois, nous avons payé tous les droits de licence pour une année. Mais jusqu’à ce jour nous n’avons rien reçu et pire aucune explication valable ne nous a été donnée par les services compétents. Tandis que d’autres ont été sommés d’arrêter de pêcher parce que leurs licences sont expirées, alors qu’ils travaillé moins de deux mois dans les eaux mauritaniennes» a râlé un manifestant très excité. Avant de signaler que les garde-côtes mauritaniens ont repris leurs vieilles habitudes de casser du pêcheur sénégalais.

Présentement, de grandes embarcations détentrices de licences en cours sont arraisonnées par la marine mauritanienne et leurs matériels de pêche évalués des dizaines de millions de francs Cfa confisqués. A chaque fois que Les garde-côtes de la RIM nous prennent souvent dans nos eaux, ils nous dépouillent de tous nos biens. Sans que les autorités ne lèvent le plus petit doigt pour protester et rassurer ses concitoyens. Maintenant trop c’est trop. On va se battre que nos droits et notre sécurité soient respectés car on a déjà tout payé » a fustigé notre interlocuteur avant un tir de lacrymogène ne vienne interrompre la discussion. Il faut noter que sur le terrain, aucune autorité administrative n’a été aperçue. Au moment où nous écrivions ces lignes, les manifestants avaient juré, la main sur le cœur, qu’ils allaient en découdre avec les forces de l’ordre jusqu’ à la fin de la soirée.
A 14h 50, nous avions néanmoins noté une accalmie sur les lieux des échauffourées

