De Abdoulaye Faye, envoyé spécial.
La communauté mouride de Touba célèbre ce Mardi 03 septembre 2019 la naissance du quatrième khalife général des mourides Serigne Abdou Khadre Mbacké.
Le sentiment le mieux partagé qui habite la communauté musulmane du Sénégal à l’évocation du Califat de Cheikh Abdou Kadre Mbacké est assurément l’amertume. En effet, seulement onze mois d’exercice pour ce quatrième khalife de Cheikh Ahmadou Bamba. Nous ne pouvons nous départir du sentiment, de la conviction même, que la communauté mouride, en particulier, a trop tôt été sevrée de cette mamelle nourricière si prodigue en avantages, en bénéfices et en profits de toute sorte.
Nous en sommes d’autant plus convaincus que la simple évocation de certaines circonstances ayant entouré sa naissance, une nuit du vendredi de l’an 1914 à Daroul Alim de Ndame renforce cette impression de symphonie inachevée. Dès qu’on lui annonce la venu au monde de Serigne Abdou Khadre, Serigne Touba a convoyé son frère et homme de confiance Mame Thierno à Ndame dans le but de faire le nécessaire requis par la circonstance.
Dès sa naissance, Serigne Abdou Khadre a commencé à incarner le bras vigoureux par lequel, Cheikh Ahmadou Bamba a pourfendu, a fracassé tous les obstacles qui se dressent entre les créatures et leur salut. L’imagerie populaire a voulu en Serigne Abdou Khadre la réincarnation de Cheikh Ahmadou Bamba parce qu’en lui se retrouvent la plupart des traits de caractère qui ont distingué le Cheikh. Il n’était certes pas le plus âgé de la famille du Cheikh, mais il avait un charisme tel que tous ses frères reconnaissaient et acceptaient implicitement son autorité morale, par sa droiture, son désintérêt ded choses de ce monde, son peu d’attachement aux biens terrestres. Il n’en disposait que deux maisons à Touba, l’une se trouve à Guédé et l’autre à Touba Bagdad.
D’ailleurs, invariablement, ces demeures étaient toutes construites autour d’une mosquée qui en est l’élément majeur. Il était rare qu’il soit absent de Touba. Il est connu comme Imam des Imams que toute sa vie durant il n’a manqué la prière du vendredi à la grande mosquée que pendant son séjour en terre saoudienne, pour les besoins du pèlerinage.
C’est toute la communauté musulmane du pays qui a rendu hommage, en Serigne Abdou Khadre le jour de sa disparition en 1989.

