Amédine FAYE, correspondant de Téranga News à Tambacounda.
Le maire de Koulor (Département de Goudiry, Tambacounda) est jugé, ce mercredi 25 septembre 2019, par le palais de justice régional pour les faits de menace de mort avec usage d’arme à feu et d’injures non-publiques.
Pour le poursuivant, le maire a fait un excès de pouvoir. Mais pour le conseil de la défense, les accusations de la partie civile ne sont pas fondées et estime que le maire n’a fait que jouer son rôle d’autorité décentralisée.
« C’est dans la nuit du 15 août vers 23 heures à Koulor que le maire, accompagné d’un agent de sécurité de proximité à bord de son véhicule, est passé devant chez nous. Il y avait un groupe de jeunes qui prenait du thé, moi j’étais à l’intérieur de la maison avec ma mère ».
Soudainement, j’ai entendu le maire proférer des insultes à mon frère et à ses camarades.
« C’est là que je suis sorti », relate Babacar Wilane, le jeune qui a attrait le maire à la barre.
Babacar, son petit frère et deux de ses camarades ont tous affirmé devant les juges que le maire les a ordonnés d’aller se coucher en les insultant de mère, avant de brandir sur eux une arme à feu qu’il était sur le point de charger. Des déclarations qui correspondent pratiquement à celles tenues par la plupart des personnes entendues dans cette affaire.
Excepté l’agent de sécurité de proximité qui indique que le maire n’a pas agi de la sorte.
« Je n’ai entendu ni insultes, ni vu une arme brandie par le maire, cette nuit-là. Il s’est juste contenté de sommer les jeunes d’aller se coucher », a témoigné l’agent à la barre.
«En ce moment, je n’ai pas d’arme chez moi. Au paravent, j’en avais», a répondu le maire à une question du parquetier. Toutefois, il a contesté les accusations de la partie civile, soutenant qu’il était simplement venu mettre fin au tapage nocturne causé par ces jeunes.
L’avocat de la défense a plaidé pour la relaxe purement et simplement, tandis que le poursuivant a requis 6 mois d’emprisonnement avec sursis.
Au finish, le maire prend trois mois d’emprisonnement assorti d’un sursis et d’une amende de 20.000 fcfa. Les faits de menaces de mort sont disqualifiés. Il est reconnu coupable pour voie de faits et injures non-publiques.

