De Youssouf DIMMA, Teranganews Ziguinchor
En Casamance naturelle, les populations de 144 localités ne peuvent pas retourner chez elles à cause des mines qui polluent leurs zones situées sur 1,2 millions de mètres carrés. Or, actuellement, les opérations de déminage humanitaire sont globalement à l’arrêt en Casamance. L’annonce de cette mauvaise nouvelle est faite par le Directeur Général (DG) de l’Agence Nationale pour la Relance des Activités sociales et économiques en Casamance (ANRAC) lors d’un face-à-face, dimanche, avec la presse locale.
Ansou Sané tirait ainsi le bilan biennal de cette agence créée entre autres pour le retour des populations impactées par la crise en Casamance qui a démarré le 26 décembre 1982.
Selon le DG de cette agence nationale qu’il dirige depuis deux (2) ans, « l’un des principaux freins au retour des populations dans leurs zones d’origine est la présence des mines » tant dans les villages que dans les champs et rizières.
En effet, « c’est vrai que depuis 2008 le Centre National d’Action Antimines du Sénégal a fait énormément d’efforts pour déminer 2 millions de mètres carrés à travers la Casamance naturelle avec comme corollaire le fait qu’il y ait zéro mine dans la région de Kolda, mais il reste encore 1,2 millions de mètres carrés non déminés répartis dans 144 localités ».
Pour lui, « ces zones infestées sont particulièrement dans le département de Goudomp, dans la région de Sédhiou ; elles sont aussi dans les trois départements de la région de Ziguinchor alors qu’aujourd’hui on ne peut pas parler de sécurité sans mettre les conditions d’un déminage car la question de la sécurité rime avec le déminage ».
Selon Ansou Sané, « même si les populations retournent, si les zones ne sont pas totalement nettoyées, cela va constituer un frein à leur retour et par conséquent un frein au développement de leurs activités au sens où des populations sont retournées dans certaines zones, mais elles ont peur d’aller dans leurs rizières et champs à cause de la psychose de la présence des mines ».
Il n’existe pas de statistiques officielles des déplacées et des réfugiés de la crise en Casamance, mais plusieurs Ong les estiment pas milliers.

