Alioune Badara Sall Teranganews Kedougou
Après un premier renvoi, le procès des chinois qui exploitaient illégalement de l’or dans le parc Niokolokoba s’est tenu ce vendredi 21 juin 2019 au tribunal départemental de Kedougou, en audience spéciale.
À la barre, les prévenus ainsi que les témoins ( 11) au total, ont comparu sur les faits qui leur sont reprochés. Les chef d’inculpation sont : association de malfaiteurs dans le but de commettre des délits, de corruption, de complicité de malfaiteurs pour certains, s’y ajoute pour d’autres, la vente illicite de produits nocives dangereuses. Parmi les avocats de la défense, Me Bamba Cissé.
Dans sa plaidoirie, l’agent judiciaire de l’État a fait savoir qu’il y avait bel et bien infraction puisque l’exploitation de l’or se faisait dans le parc alors que les chinois avaient un permis en bonne et due forme mais hors parc. Poursuivant, il dit que l’État du Sénégal pouvait se constituer partie civile au vu du préjudice subi. Il a demandé la condamnation pour tous les prévenus qu’il reconnaît coupables des faits qui leur sont reprochés.
À sa suite, le procureur est revenu sur les faits puisque c’est lui qui a mené les enquêtes avec la gendarmerie. Il a requis 2 ans de prison contre le sieur Sultan Diop pour avoir aidé les chinois à s’installer dans le parc et d’y mener des activités en complicité avec des autorités. «Soultan Diop est un est un lieutenant des parcs, muté en 2018, qui a décidé de se reconvertir dans les affaires dans le parc». Les enregistrements audios le confondent lorsqu’il demandait de l’argent au nommé Serigne Mbaye, gérant de l’entreprise EEEMS qui exploitait aussi à 350 m du parc, donc hors parc, pour le remettre au conservateur du parc. En tout, c’est une somme de 2.250.000f que Serigne Mbaye a remis à Amath Fall par le biais de Soultan Diop. Lui-même n’a pas nié avoir reçu tout cet argent. Il est reconnu coupable de corruption, de complicité. Pour ce qui est de Serigne Mbaye lui, le procureur n’a pas pu établir de lien avec un quelconque acte de corruption.
Quant au colonel Amath Fall, conservateur du parc, le procureur a requis deux ans de prison ferme pour corruption. Il est est reproché d’avoir reçu de l’argent par le biais de Soultan Diop: 500.000 f par semaine à trois reprises. Amath Fall à toutefois reçu une somme de 500.000f que Serigne Mbaye lui avait remis comme soutien au défilé. Il est aussi reproché de n’avoir pas pris aussitôt des mesures pour déguerpir les chinois dès l’instant qu’il a été informé de leur présence sur dans le parc. Dans l’enregistrement audio, lui-même, informé, leur a donné deux jours pour quitter les lieux. Ce que le procureur n’a pu comprendre dès l’instant que le parc était menacé.
Pour Adama Diop, directeur régional des mines de Kedougou, le procureur a aussi requis la condamnation à deux ans de prison ferme pour corruption. Il reconnaît avoir reçu un transfert de 600.000f en 2016 alors qu’il était à Dakar. Toutefois, il dit aussi avoir conclu un contrat légal.
Parmi les prévenus, il y avait aussi l’adjoint au directeur des mines, le colonel Mamadou Marone qui reconnaît que Soultan Diop lui a proposé 30 millions et du carburant pour les trois brigades. Il est revenu aussi lui proposer deux millions pour proposer puis un million mais il ne les a pas pris. Informé de la présence des chinois dans le parc, il a voulu appeler la brigade pour les en empêcher mais il en a été dissuadé par le directeur régional des mines.
Le ghanéen Kossi Kwabena lui aussi a été condamné de deux ans ferme de même que les chinois Wang Hung Jung et Kun Deng de la société Gold Cost, responsables du site. Ils sont aussi interdits d’activité minière à toutes les sociétés dirigées par les coupables. Le procureur a aussi requis la relaxe pour lee journaliste Boubacar Tamba, journaliste et membre de la société civile à Tambacounda, le délit de corruption n’a pas été établi. Il est reproché de n’avoir pas impliqué le ministère de l’environnement dans ses activités. Aussi, il avait demandé de l’argent à Serigne Mbaye pour soigner son enfant malade.
De même que les deux maires Dondo Keita (Ninefecha) et Faly Camara ( Tomborokoto).
À noter que le préjudice subi est, selon le procureur, estimé à 1 milliard de nos francs.
Après la plaidoirie du procureur, Théophile Turpin, Me Bamba Cissé, avocat de la défense a demandé la confusion des peines. Ce, auquel, le procureur n’a pu accéder.
Le président du tribunal de grande instance de Kedougou, Alioune Diallo, rendra sa décision le 4 juillet pour fixer les prévenus sur leur sort.

