Save the Children a procédé ce jeudi 20 juin à la publication des résultats phares de son projet intitulé « Renforcement de la bonne gouvernance pour une meilleure protection de l’enfance, avec un accent sur l’éradication de toutes les formes de violence contre l’enfance ». Un projet financé par l’Agence espagnole pour la Coopération Internationale au Développement (AECID) et qui a démarré le 1er avril 2015 et a pris fin le 31 mars dernier.
L’objectif du projet visait à contribuer à la réalisation des droits de l’enfant et à l’éradication des violences à l’encontre des enfants à Sédhiou, Ziguinchor et Kolda a été exécuté en partenariat avec Enfance et Paix, OFAD Nafooré et Enda Jeunesse Action, trois organisations de la société civile qui ont une vaste expérience en Casamance.
De plus, le projet a facilité la prise de conscience et l’appropriation des droits et devoirs en matière de protection au sein des communautés. Il a aussi contribué au renforcement du système de protection de l’enfance à travers une meilleure articulation entre le système formel et les comités communautaires, en conformité avec les orientations de la Stratégie Nationale pour la Protection de l’Enfance.
Et pour la séance de publication des résultats, une trentaine de personnes s’est réunie ce jeudi 20 juin, pour la cause des enfants et des filles en particulier. A travers un panel, suivi d’un point de presse, Save the Children a réitéré l’importance de la participation des enfants pour le respect et la défense de leurs droits lors du bilan d’un projet de quatre ans en Casamance.
Une projection portant sur les résultats et témoignages de filles du Sud du Sénégal, qui ont abandonné l’école pour sacrifier au devoir devenu « sociétal » du mariage a tenu en haleine le public. Une occasion pour, ceux présents, de voir le combat de cette Ong, d’en constater la teneur, et pour les plus empathiques, de se substituer, dans la peau de ces « victimes ».
Entre objectifs, acquis et expériences glanées, il y a eu du tout, après quatre années d’exécution dans le sud du Sénégal. Il leur a fallu trois ans pour que les résultats soient visibles.

Selon Mme Ouléye Dème, chef des Opérations de Save the children, l’objectif premier était de renforcer la protection de l’enfant dans la région de Casamance mais basé surtout sur le renforcement de la gouvernance de leurs droits. « Nous avions constaté un manque criard de connaissances des habitants sur cette question là des droits de l’enfant », pose-Mme Dème, membre du comité de pilotage. Quatre grands résultats témoignent de leur travail en ce sens :
–Les connaissances sur le respect des droits de l’enfant et de la femme et l’engagement citoyen pour la réalisation de ces droits sont acquises dans les communautés ciblées de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou ;
–L’efficacité et la qualité des services de protection à base communautaire et institutionnelle pour les cas de violation de droits sont renforcés dans ces communautés;
–Les collectivités locales sont engagés dans la bonne gouvernance pour la défense des droits des enfants et des femmes ;
–Et enfin les capacités et la coordination entre acteurs ont été renforcées pour mettre en place des activités de plaidoyer au niveau local, départemental et régional.
« Nous sommes intervenus en matière de protection de l’enfant, dit-Hamidou Baldé Sica secrétaire exécutif de l’Ong OFAAD de Kolda, notamment au niveau des mariages précoces et forcés, les mutilations génitales féminines, la situation des enfants victimes de maltraitance et de violence au niveau des familles et/ou dans leurs communautés ».
Chez Save the Children, d’après M. Hamidou Baldé, l’enfant est au début, pendant et à la fin. Ce qui explique sans doute l’implication de ces derniers dans ce combat. « Nous avons trouvé nécessaire, après formation, que ce soient les enfants eux-mêmes qui exposent leurs problèmes aux parents. Il fallait qu’ils s’impliquent et leurs voix se sont faits entendre », soutient-Mme Bâ.
Bien entendu la question des « enfants de la rue » a été posée sur la table. Au sujet de la mendicité, Save The Children se veut clair et ferme. « La place de l’enfant n’est pas dans la rue et le vote du Code de l’enfant n’est pas suffisant à l’éradication de ce problème », lance-Mme Dème.
Des défis, ils en ont fait face. L’un des gros challenges était de pousser les enfants victimes du non-respect de leurs droits, de sortir de leur mutisme et avoir le courage de dénoncer. « La plupart étaient des histoires de familles, de parents, explique-Mme Dème. Et sortir d’une communauté de silence, pour passer à une communauté de dénonciation fut une étape compliquée. Ils n’avaient pas droit à la parole », dit-Mme Dème.
100 ans d’existence. Save The Children est vieux d’un siècle. Au Sénégal, 17 années qu’il oeuvre, avec des Ong d’ici, pour le respect et la protection des droits accordés aux enfants.
Après bilan, les perspectives. « Nous ne pouvons nous arrêter en si bon chemin, dit-Mme Dème. Les quatre années étaient très insuffisantes. Deux ans pour gagner la confiance des communautés, afin de pouvoir bâtir tout ce système et trois ans pour que cela porte ses fruits. Nous allons continuer de travailler pour l’accès à la protection, à l’éducation pour ces filles qui courent un gros risque d’être victime de mariage précoce, augmenter les ressources. Travailler continuellement… », pose-Mme Dème.

