Le taux de prévalence du paludisme est en baisse, au niveau national, contrairement à celui du Vih/sida qui connaît une hausse au Sénégal, malgré l’utilisation accrue des moyens de prévention. C’est ce qui ressort du rapport de prévention de ces maladies mené par l’Institut de santé et de développement.
Huit pays dans le monde dont 4 en Afrique seront sujets à cette évaluation. Le Sénégal est le seul pays d’Afrique de l’Ouest concerné par l’étude. Si elle est concluante, elle sera appliquée ultérieurement à d’autres pays.
Le paludisme affecte fortement le sud-est du pays, en raison de la pauvreté qui y sévit et un accès difficile aux soins plus prononcé chez les femmes. Cette partie de la population présente un faible niveau d’instruction et se trouve, par conséquent, mal informée quant aux précautions à prendre pour éviter la maladie. Ce, même si le taux de prévalence national est passé de 2,8 points en 2012 à 0,4 en 2017, en plus d’une hausse du nombre de moustiquaires distribués. Par contre, dans la région de Dakar et ses environs, le paludisme a fortement régressé.
Par ailleurs, le rapport fait état d’une hausse du taux de personnes infectées par le Vih/sida. Pourtant, l’utilisation du préservatif a également connu une hausse. Un fait paradoxal plus visible chez les homosexuels. Ce qui fait dire aux membres de l’Institut de santé et de développement que beaucoup reste à faire. « Celà nous amène à réfléchir et à nous poser des questions. Il y a sûrement des paramètres que nous n’avons pas pris en compte. Il faut aussi qu’on s’intéresse aux nouvelles formes d’infection. Peut-être aussi que les mesures ont été faites. Dans tous les cas, nous sommes interpellés et la suite de l’étude consistera à corriger ces faiblesses », annonce-le professeur Anta Tall Dia, Directrice de la Médecine préventive et de la Santé publique à la faculté de Médecine de l’Ucad.
Toujours selon le rapport, la tranche d’âge la plus affectée par le virus est celle des 20-29 ans. Vient ensuite celle de 31 à 34 ans. « On a l’impression que ceux qui sont plus âgés ont tendance à avoir le plus de comportement à risques, surtout les Sénégalais âgés de 29 ans », ajoute-le Pr Faye. La prochaine étape consistera à trouver l’explication de ce paradoxe.

