Adama SENE Teranganews (Saint-Louis)
A l’instar des musulmans du monde, c’est parti pour un mois d’abstinence, de prières et de zikr envers Allah. Mais un mois de Ramadan où les sénégalais effectuent souvent de folles dépenses pour la rupture du jeûne au coucher du soleil. Tous les après-midi, les marchés et les grandes surfaces de la ville grouillent de clients à la recherche de bons rafraichissants et autres denrées alimentaires.
Au Sénégal, la période du Ramadan est bizarrement le mois où les familles musulmanes font plus de dépenses. Pour satisfaire leur rupture de jeûne, certains chefs de famille déboursent sans compter. Même les moins nantis se voient leurs charges alimentaires connaitre de hausses conséquentes durant le Ramadan. Après de longues journées souvent trop chaudes, chaque chef de famille à la descente, effectue souvent de folles dépenses pour se rafraichir le soir.
Trouvée entrain de ranger soigneusement les produits achetés à l’arrière de sa voiture, une dame habillée en robe longue wax, la tête bien voilée soutient avoir respecté une tradition pour faire plaisir à sa famille. « On est obligé d’améliorer les plats du soir, puisqu’on ne prend qu’un seul repas pour 24 heures. Ensuite c’est une recommandation divine parce que cette période de spiritualité est aussi l’occasion pour resserrer les liens familiaux autour d’un succulent plat et d’un bon ndogou. La tradition veut que la famille se rassemble le soir pour un très bon repas de rupture du jeûne. C’est cher pour les chefs de familles, mais les récompenses divines valent le coût» a soutenu Mme Sabaly.
Un sachet jaune bien rempli de produits alimentaires à la main, un homme d’une cinquantaine d’années rencontré à l’entrée d’une supérette d’une station-service, tente d’expliquer l’affluence des clients vers ces lieux de vente. « Le mois de Ramadan est un mois particulier. Il fait un peu chaud et la plage horaire du jeûne est quotidiennement de près 16 heures.Dans ces conditions l’organisme du jeûneur est mis durement à l’épreuve, donc il faut à l’heure du ndogou manger des aliments de bonnes qualités pour remplacer les pertes de la journée. Et puis les prix affichés sont abordables par rapport à ceux appliqués dans les marchés de la ville » a déclaré Amadou Ndao. A l’en croire « les commerçants de la capitale du Nord et le service de commerce régional, toutes les dispositions sont pris pour assurer un bon ravitaillement des marchés en denrées alimentaires pour tout le mois de Ramadan ».
Cependant si le partage et la convivialité sont des valeurs importantes dans la religion musulmane, les excès de consommation restent une équation pour les autorités sanitaires. D’ailleurs elles ne cessent de lancer des messages aux populations pour qu’elles y aillent avec modération à l’heure du « ndogou ».

