Voilà 8 mois que les populations de Bargny, Sendou et de Minam ont été expropriés de leurs champs pour les besoins de l’érection du port minéralier et vraquier et de la centrale à charbon. Et elles ne sont pas au bout de leurs peines, après que, des concessions sont sur le point d’être démolies, après la destruction de plus d’une trentaine de cabanes au bord de la mer.
Face à autant d’injustices à leurs yeux, les habitants des trois localités ont uni leurs forces, ce samedi 26 janvier, pour faire une grande marche qui a débuté à Minam pour se terminer devant la mairie de Bargny, sous l’œil vigilant de la police. Issa Guèye, le président du collectif pour la défense des intérêts de Bargny, s’est fait leur porte-voix. « L’Etat, dénonce-t-il, n’a décaissé aucun sou. Le minimum, c’est de payer les indemnités pour les exploitants qui sont restés durant cet hivernage sans cultiver leurs champs. »
En outre, les 534 impactés du port minéralier et vraquier de Sendou se disent las d’attendre d’entrer dans leurs droits. Non sans soupçonner un acharnement sur leurs terres. Face à cette situation, ils se disent prêts à tout faire pour la satisfaction de leurs revendications. Ils n’excluent même pas de bloquer les travaux du port. « Nous serons debout et unis comme un seul homme pour entraver les travaux du port. On ne va pas se laisser faire. Bargny étouffe. Bargny souffre plus que n’importe quelle ville au Sénégal. Nous avons été républicains jusque-là, » tonne-Issa Guèye.
Bambilor réclame les 60 hectares prévus pour son extension
D’après l’Enquête, ailleurs à Bambilor, toujours dans le département de Rufisque, les populations ont aussi marché, ce weekend. Cette fois-ci, c’est la gendarmerie qui a veillé au grain. Les manifestants réclament l’extension des sept villages composant la commune. A l’initiative du collectif »Sama Sa Gokh », les populations ont marché sur une distance de près d’un kilomètre, du marché du village de Bambilor à la Cédaf. Elles réclament la régularisation des 60 hectares sur le titre foncier 1975/R, comme décidé par l’Etat du Sénégal par décret numéro 2006-103 du février 2006.
« Bambilor est entrain de perdre des terres qui étaient exploitées par nos ancêtres, depuis très longtemps, au profit des cités nouvellement installés (Comico, la caisse de dépôt et de consignation Akys, Sicap, Bicis, et des privés) ». « Pendant ce temps, dénonce Abdoulaye Sylla, le président du collectif, »la société Teylium, propriétaire des Akys, a empiété sur le Tf 4868 sur une bande de 70 mètres, après sa délimitation, alors que cet espace ouvrant sur l’axe Bambilor-Lac Rose pouvait être utile pour les populations. »

