Trois personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans cette attaque survenue dans la ville de Strasbourg dans le Nord-Est de la France. La police a fermé le centre-ville de Strasbourg mardi 11 décembre au soir suite à la fusillade près d’un marché de Noël.
Le tireur, âgé de 29 ans et toujours recherché, est un français fiché S pour radicalisation. Ce dernier a ouvert le feu en plein centre-ville en début de soirée avant de prendre la fuite à bord d’un taxi, selon une source proche de l’enquête. La police a déclaré avoir échangé des coups de feu avec le suspect qui serait blessé. L’auteur présumé de la fusillade devait être interpellé le jour du drame même, dans une affaire d’homicide et extorsion.
Un témoin oculaire (Peter Fritz) a déclaré que lui et d’autres passants avaient passé quarante minutes à tenter de sauver un touriste thaïlandais, décédé après avoir reçu une des balles tirées. Les autorités judiciaires françaises ont aussitôt ouvert une enquête anti-terroriste.
En plus du traditionnel marché de Noël de Strasbourg qui a été fermé après cette fusillade, le Parlement européen, qui siège actuellement dans la même ville, a été fermé.
L’enquête et la traque
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « assassinats, tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle. » Les investigations ont été confiées à la sous-direction anti-terroriste (SDAT), la direction inter-régionale de la police judiciaire (DIPJ) de Strasbourg et à la DGSI. Le procureur de Paris se rend sur les lieux.
Par ailleurs, Christophe Castaner a précisé que 350 personnes sont mobilisées sur le terrain, dont deux hélicoptères, mais aussi des soldats de l’opération « Sentinelle » pour interpeller le suspect.
Cellule de crise Place Beauvau
Après la fusillade de Strasbourg, Emmanuel Macron a présidé pendant plus d’une heure une réunion de crise au ministère de l’intérieur. Le Président de la République a effectué « un point de situation », en présence du Premier Ministre, Edouard Philippe, du secrétaire d’Etat à l’intérieur, Laurent Nuñez, de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, et de la ministre des armées, Florence Parly. Etaient également présents une trentaine d’autres représentants du gouvernement et des différents services de sécurité.
« Nous sommes actuellement en France en posture “Vigipirate renforcée”, le gouvernement vient de décider de passer en “urgence attentat”, avec la mise en place de contrôles renforcés aux frontières et sur l’ensemble des marchés de Noël pour éviter le risque de mimétisme », a déclaré le ministre de l’intérieur dans la nuit.
Le contexte
Le marché de Noël de Strasbourg avait fait l’objet d’un projet d’attentat en décembre 2000. Il est protégé en permanence par un important dispositif de surveillance. La fusillade survient alors que la France vit sous une menace terroriste élevée depuis la vague d’attentats djihadistes sans précédent qui a fait 246 morts depuis 2015.
L’Hexagone a été frappé deux fois cette année au cours d’attaques qui ont fait cinq morts. Le 12 mai, une personne avait succombé à une attaque au couteau menée par Khamzat Azimov, 20 ans, abattu par la police, dans le quartier touristique de l’Opéra, à Paris.

