Youssouf DIMMA, de retour de la Gambie
Le Chef de l’Etat Adama Barrow a reçu vendredi 16 novembre une délégation de Chérifs de la Gambie, de Guinée-Bissau, du Sénégal, de la Mauritanie et de France dans un chapiteau tenant lieu de salle des banquets, érigé dans l’enceinte de la présidence de la République. Cette délégation forte de plus de trois (300) personnes, s’est rendue dans ce pays presque enclavé dans le Sénégal pour formuler des prières, lesquelles s’inscrivent dans le cadre de la commémoration du premier centenaire du rappel à Dieu du premier Khalife général des Chérifs de l’Afrique de l’Ouest, à savoir Cheikhna Cheikh Mahfouz Aidara.
Dans son allocution, le président Barrow est largement revenu sur la crise post-électorale de 2018 lorsque son prédécesseur Yahya A. A. J. J. Jammeh d’abord reconnu sa défaite avant de faire une volte-face inattendue. Une crise qui a eu son épilogue grâce à la pression mise sur le Chef de l’Etat gambien d’alors et son régime par la Communauté Economique de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Le président Adama Barrow a attribué une partie de la décrispation aux prières formulées par les Chérifs de la l‘Afrique de l’Ouest, notamment ceux de la Gambie.

« Nul n’ignore ce qu’il s’est passé ici en Gambie après les élections, et à chaque fois que cela se produisait dans n’importe quel point du monde, c’est la guerre civile qui s’ensuivait avec son lot de morts. Cela s’est en effet produit dans beaucoup de pays » a-t-il notamment rappelé.
A l’en croire, « par contre des élections se sont déroulées ici en Gambie, le Président sortant a refusé de reconnaître sa défaite moi qui les ai remportés j’ai maintenu ma position, cela a duré au moins deux mois sans que la moindre goutte de sang soit versée, seules les prières peuvent contribuer à la réalisation de cette situation ».
« Sachez que vous prières pour la Gambie ont été exaucées » leur a-t-il lancé.
Revenant sur le départ de Yahya Jammeh pour l’exil, notamment la Guinée Equatoriale où il vit depuis sa chute en 2018, la Président Barrow a insisté sur le fait que nulle ne détient le monopole de la force. « C’est Dieu et Lui Seul qui a le monopole de la force. En effet, après les élections qui ont mis fin à sa dictature, personne ne croyait qu’il (Ndlr : le Président Jammeh) allait partir d’ici et vous tous savez qu’il avait une certaine force puisqu’il avait à sa disposition l’armée, la police, des armes au moment où moi j’étais démunis de tout. Mais c’est Dieu qui m’a donné la force de le faire quitter ce pays et le pousser à l’exil sans effusion de sang » a déclaré le Président Adama Barrow.

Et de rappeler, selon lui, « la souffrance et les sévices que plusieurs religieux musulmans ont enduré pendant qu’il (Ndlr : Le Président Jammeh) était ici et certains d’entre eux ont même été jetés en prison simplement pour le contenu dérangeant de leurs prédications, or les prédications sont anonymes et impersonnelles, elles s’adressent en même temps à tous y compris les prédicateurs eux-mêmes, mais aussi à personne ».
Le Chef de l’Etat gambien a déclaré que la « toute première mesure que j’ai prise après avoir prêté serment à Dakar, c’est de libérer immédiatement l’ensemble des imams et oulémas qui ont été jetés à tort à la prison de Janjambureh ».
Les Chérifs de la sous-région ouest-africaine ont profité de leur séjour en Gambie (du jeudi 15 novembre au lundi 19 novembre 2018, pour passer dans une bonne partie des institutions et services publics afin d’y formuler des prières.
Les dernières délégations ont quitté ce lundi 19 novembre pour rejoindre leurs pays respectifs.

