Alioune Badara SALL, Rufisque.
Cette année, à l’occasion de la journée mondiale de l’Environnement (5 juin 2018), le thème retenu a été « Combattre la pollution plastique ». L’objectif étant d’encourager la communauté internationale à s’unir pour lutter contre la pollution par les plastiques à usage unique.
L’occasion d’exhorter les gouvernements, les industries, les communautés et les individus à créer une dynamique dans tous les secteurs pour changer les modes de production et de consommation non durables. Il les incite aussi à explorer ensemble des alternatives durables pour réduire, de toute urgence, la production et l’utilisation excessives des plastiques.
C’est d’ailleurs dans ce sens que l’association « Teranga Lab », en partenariat avec la fondation « Heinrich Boll » a organisé un forum de sensibilisation sur la pollution plastique des océans à la maison des éclaireurs de Rufisque.

Un atelier qui a vu la présence d’acteurs du secteur de la pêche et la presse pour attirer l’attention sur les dangers de la pollution des océans considérés comme étant le septième continent.
Dans un film sur une expédition projeté au cours de cet atelier, l’on a pu voir à quel point les océans sont pollués avec près de 90% d’espèces de poissons menacés de disparition. Suffisant pour que les organisateurs disent « Stop » au risque d’aggraver la situation.

Selon Ibra Seck, chargé de programme à Teranga Lab, la tenue de cette journée s’inscrit dans le cadre d’une série de journées sur la désertification, de l’environnement. Et dans le cadre d’un programme consistant à organiser périodiquement des ateliers et projection de films ayant trait à la citoyenneté et permettre aux populations d’avoir une bonne gestion participative. La sensibilisation sur les dangers du plastique doit commencer par la base. « Nous produisons, nous consommons, nous jetons des déchets plastiques tous les jours, ce qui constitue un catastrophe au niveau mondial. On doit commencer au niveau local, ne pas négliger les petits gestes pour essayer de changer la donne » dit-il. L’objectif étant de sensibiliser à des comportements et valeurs économiques pour sauver la planète.

Pour Papa Mangoné Basal, coordinateur de programme écologie à la fondation « Heinrich Boll Stiftung » qui est une fondation politique allemande verte présente dans plusieurs pays dans le monde. Cette fondation produit un document dénommé « Atlas de l’océan ». Une revue qui traite de plusieurs thématiques portant sur les dangers et enjeux qui menacent nos océans. La lutte contre les déchets plastiques au Sénégal a du mal à donner des résultats. « Les limites du combat, c’est qu’il ne faut pas se limiter à prendre des décisions politiques. La volonté politique est une chose mais l’application et le suivi en est une autre. S’il ne suffisait que de prendre des décisions, on aurait plus besoin de police ou de gendarmerie. Le plastique est un phénomène » renchérit-il. Le plastique, poursuit-il, est une chose irreversible. « On ne peut pas interdire aux firmes internationales d’arrêter la production du plastique. Il faut porter le combat dans la perspective d’éduquer les masses, les communautés sur une meilleure pratique et sur la façon dont le plastique devra être géré. Si aujourd’hui, vous avez une perfusion, c’est avec le plastique que vous allez le faire ».

L’association « Teranga Lab » est une association dédiée à la citoyenneté et à l’écologie. Ses initiatives sont orientées vers ces deux domaines afin de changer les comportements des concitoyens sénégalais pour qu’elles adoptent des comportements écologiques responsables .

