La pratique du jeûne fait l’objet de débat dans les équipes nationales notamment celles du Sénégal et de la France qui comptent dans leurs rangs des joueurs de confession musulmane pour la Coupe du monde de football prévue du 14 juin au 15 juillet prochains en Russie.
En effet, le jeûne musulman coïncide cette année avec la période des stages de préparation du Mondial qui vont disputer le mondial 2018 en Russie.
Lors de la publication de la liste des 23 Lions retenus pour le mondial Russie 2018, Aliou Cissé a répondu à une question d’un journaliste sur le mois de ramadan. A cette interpellation le sélectionneur des Lions de répondre, « c’est une sauce interne. Je vais discuter du jeûne avec ses joueurs concernés par le ramadan « , a répondu aux journalistes le sélectionneur national du Sénégal, Aliou Cissé, jeudi dernier, tout en tenant à faire remarquer que jeûner « n’est pas compatible avec le sport de haut niveau ».
Invité de l’émission « RFM matin » sur la chaîne de radio éponyme, le chef religieux Ahmed Khalifa Niasse, partage l’avis du sélectionneur national sur l’incompatibilité de la pratique du sport de haut de niveau avec l’abstinence et les privations imposées par le jeûne.
« Les personnes dont le sport est le métier, l’emploi avec lequel elles gagnent leur vie peuvent ne pas jeûner pendant le ramadan », a-t-il précisé en vertu du Coran.
On se souvient que lors de l’Euro 2016, qui a coïncidé avec le ramadan, aucun des footballeurs de confession musulmane chez les Bleus n’avait jeûné, rappelle le quotidien sportif français L’Equipe, dans son édition de ce mercredi.
Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS) qui cite le journal L’Equipe, Didier Deschamps sélectionneur de l’équipe de France est confronté à ce même dilemme avec des joueurs musulmans, « Paul Pogba, Ngolo Kanté, Benjamin Mendy, Djibril Sidibé et Nabil Fekir, tous des musulmans sélectionnés par la France à la Coupe du monde 2018, ont disposé d’une liberté en la matière, en cette période de préparation du Mondial, qui coïncide avec le ramadan ».
Aliou Cissé et son staff se trouvent presque dans la même posture.
A en croire le quotidien sportif français qui a interrogé un préparateur physique « cela ne pose pas problème. Sur la durée, c’est plus problématique, car c’est générateur de blessures, car un joueur qui observe le jeûne a simplement moins d’énergie que les autres ».
D’après le spécialiste, « le corps est desséché et le risque de blessure musculaire est notamment important. Je me suis rendu compte, en travaillant avec des joueurs de confession musulmane durant ces dernières années, où le ramadan correspondait avec les périodes de forte chaleur, que ce risque-là était connu de ces athlètes de haut niveau », a-t-il ajouté.

