« Si ces gens sont pris, c’est directement les assises. Ce ne sont pas des tentatives de meurtre, mais des meurtres. » Ces gens, le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye parle de ces coupables de rapt d’enfants, actuellement ennemi numéro 1 de la société sénégalaise.
Le ministre a, en ce sens pris des mesures fortes. 3 000 policiers et gendarmes attendus en 2018, une vingtaine de véhicules acquis récemment, interpellation de plus de 1 000 personnes dans les opérations de ratissage du 22 au 27 mars 2018 sur l’ensemble des grands centres urbains. « Ce que nous pouvons dire est que, sur la base d’informations parvenues à la police et à la gendarmerie, nous en sommes à trois meurtres. Celui de la fillette de Mbao, le cas de Fallou Bâ et le dernier en date, Fallou Diop à Rufisque. Les investigations sont en cours, » dit-il.
Le ministre a toutefois dédramatisé l’ampleur du phénomène. S’il a invité à éviter les abus pouvant pousser à des débordements, Aly Ngouille Ndiaye a refusé de voir en ce phénomène tout lien de cause à effet avec la période préélectorale. « Dans notre pays, ces croyances sont encore là. Mais je ne crois pas qu’elles soient liées objectivement. Cela ne concerne pas que le Sénégal, la sous-région aussi y fait face, » déclare le chargé de l’organisation des prochaines élections.
Le retrait des enfants de la rue reprend du service ce 28 mars
La ministre qui a été vivement critiquée dans les chaumières, sur les réseaux sociaux et dans la presse, s’est prononcée pour la première fois sur le phénomène de l’enlèvement des enfants qui crée la psychose dans la société sénégalaise présentement. Même si les cas des enfants enlevés puis assassinés ne sont pas des enfants de la rue, le ministère de Ndeye Ramatoulaye Gueye Diop remet sur les rails le projet de retrait des enfants va être réactivé dès aujourd’hui.
La ministre informe qu’avec l’évaluation de la première phase entamée l’année dernière, son département est arrivé à un schéma qui pourrait peut-être répondre aux attentes.
« Nous avons prévu de retirer les enfants de la rue, mais avec les ministères concernés et ce, avec effet immédiat. L’opération ne se fera pas en une seule phase mais de manière progressive. Dès aujourd’hui, nous pourrons donner des chiffres, » avance – Ndeye Ramatoulaye Gueye Diop.
La ministre de la protection de l’enfance souligne que des discussions ont été engagées avec les « daaras-internats » pour qu’ils puissent accueillir ces enfants retirés de la rue.
La mise en œuvre risque d’être un peu compliquée, puisqu’un budget a été voté mais, cela ne s’y limite pas uniquement, informe la ministre sans s’épancher sur le montant du dit-budget.
Une autre mesure concernera, conjointement avec le ministère de l’Intérieur, en des vérifications au niveau de la frontière afin de poser le jalon du premier filtre à la mendicité des enfants. « Des instructions seront données à la police des frontières pour ne pas laisser les enfants entrer, s’ils ne sont pas accompagnés. Le cas contraire, il faudrait un document justifiant la tutelle, » annonce-t-elle.
Le même procédé devrait être de rigueur au niveau des gares routières. Néanmoins, le phénomène n’est pas quantifié, puisqu’avec les dernières statistiques datant de 2006, « ils tournent autour de 100 mille enfants, » explique-la ministre qui avance que ce n’est pas un phénomène figé.

