Ni les biens de Karim Wade encore moins ceux de Bibo Bourgi ne seront saisis en France. La Cour d’appel de Paris a confirmé le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Paris. Les avocats de l’Etat du Sénégal déclarent quant à eux que cette décision n’innocente toutefois pas Karim Wade.
C’est un camouflet que vient d’essuyer l’Etat du Sénégal dans l’affaire de la saisie des biens de Karim Wade et de Bibo Bourgi en France. Une décision de la Cour d’appel qui tombe juste quelques jours après le non-lieu accordé à Aïda Ndiongue par la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI). Une CREI qui a justement été réactivée par Macky Sall qui avait fait de la reddition des comptes son cheval de bataille en début de mandat. Cette juridiction spéciale a vite été taxée de machin politique qui n’avait pour objectif que la liquidation politique d’opposants au régime Sall et principalement de Karim Wade.
La confirmation de la décision du tribunal de grande instance de Paris est perçue comme un revers de l’Etat aux yeux des avocats de Karim Wade. « La Justice française a, ainsi refusé, une nouvelle fois de reconnaître d’exécuter l’arrêt de la CREI contre Karim Wade, constatant ainsi que cet arrêt n’a pas de valeur juridique », a exulté le collectif des avocats de Karim Wade dans le communiqué qu’il a rendu public. Les caciques du Parti Démocratique sénégalais (PDS) n’ont pas manqué de faire remarquer à l’opinion publique que ceci n’est qu’une preuve que cette affaire d’enrichissement illicite n’est qu’une cabale de l’Etat.
Les précisions des avocats de l’Etat
« Contrairement aux affirmations de M. Karim Wade, la justice française ne l’a nullement innocenté, ce qu’elle n’avait d’ailleurs, pas le pouvoir de faire » a déclaré Me Yérim Thiam, avocat de l’Etat du Sénégal. Selon lui, il est important de préciser que la cour d’appel de Paris n’était pas chargé de juger l’affaire Karim Wade.
La robe noire de l’Etat de préciser que la justice française n’a en aucun cas refusé de reconnaître la décision de la CREI en lui déniant tout valeur juridique. « Ce qui a été retenu par la cour d’appel de Paris c’est l’absence de délit d’enrichissement illicite dans le corpus judiciaire français, car en effet, le Sénégal est en avance sur la France qui n’a pas intégré dans sa législation tous les aspects de la convention de MERIDA contre la corruption (et délits assimilés) du 31 octobre 2003 », conclut le document de la robe noire.
La bataille médiatique continue entre avocats des deux parties pour convaincre l’opinion publique en raison du volet politique de ce procès.

