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Tivaouane : Une affaire de fraude secoue l’état-civil de la mairie

De Chérif Abdou Aziz TOURÉ, Tivaouane
L’intégrité des agents de la municipalité de Tivaouane est une fois de plus remise en cause avec cette affaire rocambolesque de fraude sur un acte de jugement. L’histoire commence avec une jeune fille qui voulait voyager pour rejoindre son père à l’étranger. Cette dernière prend contact avec Omar Traoré, un ancien agent de la municipalité de Tivaouane qui lui promet de lui délivrer l’acte de jugement sur sa naissance si elle accepte de payer 10.000f CFA. Traoré plus connu sous le surnom de Tra parvient à confectionner par le biais de ses intrigues et, avec la complicité supposée de ses acolytes, l’acte en question puis le remet à l’intéressée. C’est au moment de déposer le document frauduleux à la police en vue d’obtenir le passeport que les limiers découvrent la fraude. Saisi par la police, le procureur lance une enquête qui fera éclater la vérité des faits au grand jour. Les mis en cause sont aussitôt placés sous mandat de dépôt dans l’attente de leur jugement. Au banc des accusés figurent Omar Traoré, Mao Niang officier d’état-civil, Moustapha Niang agent à l’état civil de la mairie de Tivaouane, mais aussi la jeune fille et son père qui sont considérés comme complices d’acte de fraude.
A la barre, le président du tribunal est revenu sur la gravité des faits et le laisser-aller qui règne à la mairie. « Vous les agents de la mairie, vous croyez que tout vous est permis, au point de d’agir à votre guise sans tenir compte des principes de base d’une administration publique », dénonce le président du tribunal départemental de Tivaouane lors de la première comparution des accusés devant lui le mercredi 20 décembre 2017. Il poursuit « dés mon affectation à Tivaouane, j’ai effectué une visite de courtoisie à la mairie pour vous sensibiliser sur certaines pratiques qui ne sont pas dignes d’agents de l’Etat. Je vous ai aussi mis en garde. Donc pourquoi vous jouez avec la vie des gens comme ça ? Vous ne devez pas le faire même si on vous donne 500.000f CFA. » Le président du tribunal a également souligné qu’il est le premier responsable de l’état-civil en ce sens qu’il doit chaque année rédiger un rapport pour faire le point sur la situation de l’état-civil. Revenant sur le cas du principal accusé Omar Traoré, le juge déclare « toi tu affirmes que c’est toi qui as accepté les 10.000f CFA et que les autres n’ont rien fait. Tu es un habitué des faits car tu as été condamné à Dakar pour les mêmes faits », lance-t-il au principal mis en cause. En effet, le sieur Traoré a déjà été mêlé à des histoires de fraude portant sur des actes d’état-civil. Pour sa part, Moustapha Niang affirme qu’il ne savait dans quoi il s’engageait au moment de signer l’acte de jugement, un argument qui sera aussitôt démonté par le juge qui ne parvient pas à comprendre comment un agent responsable signe un acte dont il n’a pas ignore les implications. Dans sa tentative de laver les deux autres agents impliqués, Traoré soutiendra qu’il est le principal responsable et qu’il leur a demandé tout simplement de certifier le document, l’un en apposant sa signature et l’autre en mettant le cachet de l’officier d’état-civil, chose qui apparemment est monnaie courante à la mairie de Tivaouane. D’ailleurs, nombreux sont les tivaouanois qui se plaignent des difficultés et irrégularités à l’état-civil dont la gestion n’est pas des meilleures.
Le juge et non moins président du tribunal de Tivaouane renverra les accusés à deux reprises jusqu’au 3 janvier 2018. Il s’en suivra un troisième renvoi qui sera le dernier car les accusés seront libérés quelques jours plus tard.
Cette affaire a relancé le débat sur les pratiques malsaines mêlant corruption, fraude et escroquerie au sein de la municipalité de Tivaouane. Cette situation est envenimée par les difficultés rencontrées par les populations en quête d’un acte d’état civil.

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Daouda SOW

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