« Certains animaux sont en voie de disparition », entend-on souvent. Le massacre des animaux sauvages dans le continent s’accroît au fil des ans. Cette année, les initiatives pour tenter d’endiguer le fléau du braconnage, qui décime bon nombre d’espèces animales, se sont multipliées un peu partout sur le continent.
En Afrique du Sud, le massacre des rhinocéros se poursuit. 1028 rhinocéros ont été abattus par les braconniers en 2017, selon les derniers chiffres du ministère de l’environnement. Les efforts des autorités pour stopper le trafic ne semblent pas suffire. « Avec près de trois rhinocéros tués chaque jour en Afrique du Sud, la crise reste très intense. »
Face à cette recrudescence, certains spécialistes, défenseurs des animaux préviennent. « Si le braconnage se poursuit à ce rythme, les rhinocéros pourraient bien disparaître d’ici quelques années. »
Richard Vigne, directeur de la réserve privée d’Ol Pejeta au Kenya parle d’une problématique internationale. “Si le monde veut continuer à voir des espèces comme les rhinocéros et les éléphants en liberté alors, il faut que tout le monde apporte son aide. Ce serait injuste de laisser ce problème aux pays africains, et d’espérer que les pays africains gèrent ce problème. »
L’Afrique du Sud abrite 80% de la population mondiale de rhinocéros et depuis plusieurs années les pachydermes sont victimes des trafiquants. Leurs cornes se vend à prix d’or en Asie. En Chine ou au Vietnam, la médecine traditionnelle leur attribue toutes sortes de vertus, dont celles de guérir le cancer ou l’impuissance.
Les pays africains s‘équipent pour mieux lutter contre des braconniers, souvent dotés d’armes de guerre et farouchement déterminés à atteindre leurs objectifs. Sur le continent, le nombre d‘éléphants, massacrés pour leur ivoire, est descendu à 415.000, soit 111.000 de moins qu’il y a dix ans, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Et même les paisibles pangolins, en voie de disparition, n‘échappent pas au carnage. En dix ans, plus d’un million ont été massacrés pour leur chair et leurs écailles.
Ginette Hemley, vice-présidente de Wildlife Conservation plaide pour la traque des consommateurs de ces espèces. « Il faut que nous gardions ces problématiques en première place des agendas des gouvernements. Nous devons garder l’attention forte du public. Nous devons aussi réduire la demande sur le marché pour atteindre les consommateurs qui achètent ces espèces.”
Aux grands maux, les grands remèdes
Patrouilles canines, formations militaires pour les rangers des parcs, ou encore équipements “high-tech” dont des drones, des caméras thermiques et des armes automatiques sont mobilisés contre les braconniers.
En avril dernier, le Kenya a incinéré 105 tonnes d’ivoire d‘éléphants à Nairobi, soit 5% du stock mondial d’ivoire, un signal fort envoyé aux trafiquants.
“Perdre nos éléphants, ce serait perdre une partie essentielle de l’héritage qui nous a été confié. Tout simplement, nous ne permettrons pas que ça arrive. Nous ne serons pas les africains qui sont restés sans rien faire devant la disparition des éléphants”, disait à cette occasion Uhuru Kenyatta, le Président kényan.
Le trafic illégal d’espèces animales pèse 20 milliards de dollars chaque année. Du coup, il représente le quatrième commerce illégal au monde, après ceux concernant les armes, la contrefaçon et le trafic des êtres humains.
Mais la lutte contre le braconnage dans les pays africains est souvent freinée par des obstacles comme les guerres, la misère et la faim, qui poussent bon nombre d’africains à justement s’adonner au braconnage qui leur sert de moyen de survie.
Et depuis l’interdiction mondiale de ventes d’os de tigres, les chasseurs se sont trouvés un nouveau trophée : les lions. Des centaines de lions sont massacrés en Afrique, dans le but de fabriquer de fausses potions de virilité. Ces animaux majestueux sont « élevés » dans des conditions épouvantables aux seules fins de « chasses en boîte », au cours desquelles de riches touristes paient des milliers de dollars pour les fusiller à bout portant à travers une clôture. D’après les experts, les os de ces lions sont exportés en Asie où des charlatans concoctent des potions qui génèrent des profits record.

