De Amidine FAYE, Tambacounda
C’est dans son atelier de couture sis au marché central de la commune de Tambacounda que nous nous sommes entretenus avec elle. Dans les locaux localisables dans une petite ruelle du marché, ce sont les sièges en pneus joliment recouverts de wax tricolores qui apostrophe la curiosité de tout passant. Sa conceptrice, c’est elle Aminata Sarré, jeune demoiselle svelte de 27 printemps, qui n’a pas encore la bague à l’annulaire.
Le premier chapitre de son histoire avec le wax date d’il y a sept ans.
« Depuis 2011, je m’organise dans la couture du wax. Aujourd’hui, j’ai acheté des machines sur fonds propres et employé des jeunes couturiers qui m’aident dans le travail », débute-t-elle l’entretien qu’elle a accordé à la rédaction de Teranganews.
Le wax, pour elle, est ce tissu « glamour », « chic » à partir duquel elle sort des découpes d’un raffinement calibré.
« J’utilise très très souvent le wax. Parce que j’aime mettre en valeur notre africanité », justifie Aminata.
Des poufs, des corsages, des chaussures, des sacs, des colliers, des tuniques pour hommes et femmes, tous en wax à des tarifs très accessibles, composent l’intégralité de sa collection.
Des défilés à Tambacounda, une participation au sommet de la Francophonie en 2014 à Dakar, et à la compétition Talent d’or en habillant la Miss de Tambacounda agrémentent son parcours de jeune styliste couturière. L’artiste Jessica Loraine n’a pas pu jouer l’irrésistible devant ses modèles.
Pourtant, elle n’a jamais fait une école dans le domaine. Un « don de Dieu », dit-elle, en définissant son aptitude pour le stylisme et la couture.
Loin de se suffire à son talent, la comptable de formation envisage d’entamer des cours en stylisme. Décidément, la perfection est sa boussole.

La boss de Amsama Style, son nom d’entreprise de couture, habille souvent des célébrités. Le vainqueur de la compétition de rap Flow up édition 2015, Dina Mc est passé sous son centimètre.
Aminata Sarré, c’est aussi une ambition régionaliste.
« Je voudrais réaliser mon rêve : fonder une maison de couture à Tambacounda pour accompagner les jeunes désirant se lancer dans le métier », dévoile-t-elle, peinardement.
Mais pour le moment, elle se heurte à quelques accrocs.
« Il n’y a pas un certain engouement du public tambacoundois pour les habits que je confectionne. Conséquence, je suis obligée de vendre certains de mes articles à Saint-Louis où ils apprécient la joliesse de mes créations ».
Malgré cela, sa bravoure ne fane pas.
« C’est ma passion. Je suis déterminée à la poursuivre », affirme la demoiselle, convaincue que, « pour que le Sénégal puisse se développer, il faut que les jeunes entreprennent ».

