D’intenses tirs de fusils et d’armes lourdes ont éclaté, mardi 9 janvier au soir, entre factions rivales de l’armée ivoirienne dans des bases militaires situées dans la deuxième ville du pays, Bouaké, ont rapporté des habitants et des militaires. « J’entends des tirs très intenses d’armes automatiques, a dit un habitant de la ville, Georges Kouamé, à Reuters. Il y a également des explosions, dues à des armes lourdes. »
Selon certains témoignages, ces intenses tirs en l’air de fusils et d’armes lourdes avaient déjà commencé dans le milieu de la journée et se sont intensifiés vers 18h30. C’est un contentieux entre factions rivales de l’armée ivoirienne militaires et forces de l’ordre CCDO qui aurait dégénéré.
On a peut-être bien frôlé la catastrophe hier soir à Bouaké, alors que depuis quatre jours la tension ne cesse de monter entre militaires des différents corps d’armées de la ville et les membres du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO).
Après des tirs nourris en l’air tout au long de la journée de mardi, certains militaires ont décidé dans la soirée de se diriger vers le camp du CCDO.
Fort heureusement, cette force mixte composée de policiers de gendarmes et de militaires avait anticipé et évacué le camp, ce qui aura sans doute permis d’éviter une confrontation directe à l’issue toujours incertaine. Déjà jeudi dernier, le même type d’escarmouche avait fait un mort et un blessé à Bouaké.
Quant à la cause de cette crise entre corps habillés du même pays, certains avancent des querelles personnelles qui opposent un lieutenant du CCDO et des militaires, d’autres évoquent des volontés réciproques de s’espionner et de se nuire.
Reste donc à déterminer pour les autorités d’Abidjan comment et pourquoi en moins d’une semaine une poignée de militaires plus ou moins disciplinés réussissent à plonger une ville de près de 600 000 habitants dans l’angoisse et la peur.

