Ce 25 janvier est le troisième jour de la reprise du procès du maire de Dakar et de ses coaccusés. Les avocats de Khalifa Sall se sont plaints de ne pas avoir accès à leur client depuis le début du procès et accuse l’Etat du Sénégal d’être à l’origine de cette situation.
« On nous empêche de voir Khalifa Sall or il a des choses à nous dire puisque nous assurons sa défense », a déclaré Me Seydou Diagne, un des avocats du maire de Dakar. En effet, il a affirmé à la fin de sa plaidoirie que depuis le 23 janvier qu’il n’a pas pu voir Khalifa Sall et qu’il a été empêché de voir son client à deux reprises.
Le procureur de la République, Serigne Bassirou Gueye, a confié que ce n‘est qu’hier qu’il a été mis au courant de cette situation. « J’ai donné des instructions pour voir un créneau horaire qui vous permettra de voir votre client », a déclaré Serigne Bassirou Gueye. Il a par ailleurs expliqué que si l’administration pénitentiaire a également refusé aux avocats de voir leur client au-delà de 18h c’est-à-dire à la fin du procès, c’est pour des raisons de sécurité. Serigne Bassirou Gueye a affirmé qu’il donnera les instructions pour que les avocats de Khalifa Sall puissent voir leur client à l’heure de la pause.
Me Seydou Diagne a pour sa part, déclaré que c’est l’Etat qui est derrière cette situation et que le tribunal n’a rien à voir avec cet incident.
Un autre de ses confrères de la défense de charger l’Etat qu’il accuse d’être partisan. « L’Etat ici c’est Benno Bokk Yaakaar », déclare la robe noire. Les fonds mis en cause dans ce dossier ne sont pas des fonds de l’Etat mais de la collectivité locale et ce premier s’immisce dans une affaire qui ne la concerna pas. Cette dernière a une personnalité morale propre. Il accuse l’Etat d’intervenir pour un règlement de compte. « Ce n’est pas la première fois que l’Etat s’immisce dans les affaires de la collectivité locale, ça ne nous surprend pas : affaire des emprunts obligataires, celle de la place de l’indépendance et celle-ci est la dernière », a-t-il déclaré dans sa plaidoirie.
La défense estime que les droits de leurs clients ont été bafoués
Me Bamba Cissé a déclaré que Mbaye Touré, Yaya Bodian et Ibrahima Yatma Diaw n’ont pas été informés de leur droit de bénéficier d’un avocat durant les premières heures de leur arrestation. Ce qui constitue une violation manifeste de leur droit. Selon Me Cissé, la loi prévoie des garde-fous pour empêcher toute reprise des poursuites.
Me Seydou Diagne d’enfoncer le clou. L’avocat du maire de Dakar affirme que « toute la procédure a été viciée depuis le début. » Il se plaint que l’assistance de son client par un avocat lui a été refusée durant les premières heures de son arrestation or ce droit est déjà prévu par le règlement 5 de l’UEMOA dont le Sénégal est membre. Ainsi, juge-t-il donc le procès-verbal nul et par conséquent le réquisitoire du procureur de la République qui s’est essentiellement basé sur ce dernier.

