Depuis sa prise de fonction en septembre 2017, le président Joao Lourenço a commencé à démanteler l’empire politico-financier bâti par son prédécesseur.
José Filomeno dos Santos a été remplacé par un ancien ministre des Finances, Carlos Alberto Lopes.
Le président angolais Joao Lourenço a démis de ses fonctions le fils de l’ancien chef de l’Etat José Eduardo dos Santos qui était à la tête du fonds d’investissement souverain du pays, a annoncé, mercredi soir 10 janvier, la présidence. José Filomeno dos Santos a été remplacé par un ancien ministre des finances Carlos Alberto Lopes.
Surnommé « Zenu », il avait été mis en cause dans le scandale des « Paradise Papers », des révélations publiées en 2017 par de nombreux médias, concernant des sociétés offshore et impliquant des multinationales et de nombreuses personnalités de plusieurs pays.
Le fonds d’investissement souverain de l’Angola aurait versé des dizaines de millions de dollars à l’homme d’affaires suisse Jean-Claude Bastos, un proche du fils de l’ex-président angolais, pour gérer cette entité.
Le fonds d’investissement créé en 2011 par l’Angola a été doté de 5 milliards de dollars.
Des décisions « radicales »
Dauphin désigné par son prédécesseur, Joao Lourenço a commencé à démanteler l’empire politico-financier bâti par l’ex-président, qui a dirigé le pays pendant 38 ans.
Il a ainsi congédié plusieurs patrons des institutions ou secteurs les plus sensibles du pays (Banque centrale, pétrole, industrie du diamant, médias), tous des fidèles de l’ancien président.
La fille dos Santos, Isabel, classée femme la plus riche d’Afrique par le magazine américain Forbes, a été évincée en novembre 2017 de la présidence de la compagnie pétrolière nationale Sonangol. Depuis, la compagnie a indiqué enquêter sur des mouvements de fonds jugés suspects ordonnés par la femme d’affaires.
Son époux, Sindika Dokolo, n’a pas échappé au grand ménage organisé par le président. La Société publique angolaise de commercialisation des diamants (Sodiam) s’est retirée du capital du bijoutier suisse de Grisogono, dont est actionnaire le mari d’Isabel dos Santos.
José Eduardo dos Santos, qui conserve la direction du parti au pouvoir, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola, a estimé en décembre que ces décisions de son successeur étaient « radicales ».

