En Algérie, le nouvel an est célébré dans la discrétion, pour ne pas dire en cachette.
Beaucoup d’algériens traversent donc la frontière de l’Algérie afin de passer quelques jours dans un hôtel en Tunisie voisine pour les fêtes. Ce n’est pas une première. Les algériens le font chaque année.
C’est par peur d’être victimes des fatwas lancées par radicaux interdisant aux algériens de fêter le nouvel an au risque d’avoir des sanctions.
En moyenne, ils sont près de 15 000 algériens à se ruer à Tunis. Les médias locaux avancent, pour cette année, le chiffre de 20 000 personnes qui sont parties à la frontière d’Oum Tboul, dans la wilaya d’El Tarf.
Les policiers des frontières et les douaniers trouvent même des difficultés pour prendre en charge ce flux important des citoyens.
Selon une source douanière, confirmée auprès des services de la PAF du poste d’Oum Teboul, le nombre de passagers va certainement dépasser le cap des 9000 aujourd’hui. Selon toujours cette source, ce chiffre est monté progressivement depuis le 20 décembre pour arriver à ce seuil qui n’a pas été atteint depuis le réveillon de 2009, où, 14 000 passagers ont été dénombrés le même jour dans les deux sens. Oum Teboul est le poste-frontière terrestre le plus important du pays. Environ 400 000 passages par an sont enregistrés depuis quelques années.
Il est à noter que ce flux d’algériens vers la Tunisie pour passer des vacances de fin d’année est motivé par plusieurs considérations, dont la cherté de la prise en charge hôtelière en Algérie mais aussi par l’absence de distractions et de loisirs. Des agences de voyages ont vu depuis quelques jours leurs chiffres d’affaires doublés, après la mise en place de circuits de voyages organisés à travers des caravanes de bus qui ont pris la direction de l’est du pays, plus exactement vers la Tunisie. A Alger, soit au niveau du siège de l’UGTA, à la rue Aissat Idir, une quarantaine de bus ont été enregistrés en l’espace d’une semaine.

