L’avenir de l’aviculture est menacé, du moins c’est l’avis du collectif d’aviculteurs composé d’Aviculture Entreprenariat et de Faas Jom/ Agir pour l’Aviculture. Il a tenu une conférence de presse ce jeudi 21 décembre dans les locaux de l’ex centre de Bopp de Dakar afin d’alerter l’opinion publique et les autorités sur les dangers qui menacent leur secteur.
La source de leur inquiétude est due à la présence au Sénégal d’un groupe marocain qui s’active dans la production de poussins. Ce que craignent les aviculteurs c’est que le groupe en question n’utilise des méthodes peu orthodoxes pour s’imposer dans le marché sénégalais. « Avec le temps c’est un groupe qui va s’installer avec une production de 500 000 poussins par semaine et ça va bouleverser les petits producteurs de poussins que nous sommes », déclare Papis Babacar Coly porte-parole du jour. Il accuse le collectif de faire du dumping c’est-à-dire de casser les prix pour affaiblir la concurrence puis de les augmenter quand la majorité de celle-ci aura fermé boutique. Il reproche par ailleurs au groupe d’avoir mis à genou la filière agricole locale en Mauritanie et redoute que le même scénario ne se reproduise au Sénégal.
Les aviculteurs se réjouissent néanmoins de la position du Sénégal concernant l’importation de poulets. Depuis 2005, l’importation de volailles est interdite en raison de l’épidémie de grippe aviaire qui sévissait à l’époque. « La levée de l’interdiction d’importation de viande de volaille entrainerait inéluctablement dans le contexte actuel, un écroulement de toute la chaîne de valeur avicole », prévient M. Coly. Il rappelle que depuis que cette interdiction est entrée en vigueur, la production de volailles est passée de 6 millions à 24 millions de têtes en 2013 et que la consommation d’œufs est passée de 324 millions en 2005 à 519 millions en 2013.
« Le Maroc doit rester dans sa zone », déclare M. Coly à propos de l’adhésion du royaume chérifien au sein de la CEDEAO. Le collectif anti-franc cfa qui soutient le collectif invite les autorités à exposer aux populations l’impact que peut avoir l’adhésion d’un pays comme le Maroc dans le marché de libre-échange qu’est la CEDEAO.
Les APE pointés du doigt
Guy Marius Sagna du collectif anti-franc CFA, déclare quant à lui que les Accords de partenariat économique (APE) signent tout bonnement l’arrêt de mort du secteur avicole sénégalais. « Nous ne sommes pas assez compétitifs pour concurrencer l’Union européenne ou le Brésil », alerte-t-il. « Ces pays sont déjà autosuffisants en intrants or nous c’est vers eux que nous nous tournons pour acheter des intrants. Donc nous ne pouvons pas les concurrencer », Guy Marius Sagna.
Le coût de production trop élevé est selon Pape Babacar Coly le principal boulet qui empêche aux petits producteurs dans l’aviculture d’être compétitif. Le collectif d’aviculteurs affirme qu’ils sont disposés à rencontrer les autorités étatiques afin de trouver les voies et moyens pour rendre leur secteur compétitif.

