Le riz irrigué de contre-saison dans la région du Sahel d’Afrique de l’Ouest, qui a atteint le seuil critique de 37 degrés Celsius, pourrait voir ses rendements chuter en cas d’une augmentation subséquente de la température.
Selon une étude rendue publique ce jeudi 21 décembre par le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), le recul des rendements devrait être entraîné par la baisse de la photosynthèse qui survient avec la hausse des températures, explique le document.
Et, à en croire les experts, « il s’agit là d’un signe inquiétant, et la baisse des rendements se traduira par une grande pénurie alimentaire dans une région très vulnérable, s’alarme AfricaRice, selon qui, le riz est devenu l’aliment préféré des pays du Sahel et capital pour la sécurité alimentaire et la stabilité politique de la région ».
Il fait en effet état d’une augmentation considérable de la consommation de riz principalement du fait des changements des habitudes alimentaires et de la croissance démographique rapide.
Et, de l’avis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), cités par l’Agence de presse sénégalaise (APS), « le Sahel sera confronté à des températures moyennes de plus en plus élevées, de même qu’aux changements de la pluviométrie au cours du 21e siècle ».
Pour ces derniers, « notre modèle montre que sans des mesures d’adaptation adéquates, les rendements du riz irrigué dans la région du Sahel d’Afrique de l’Ouest pendant la contre-saison vont diminuer de près de 45 %, mais avec l’adaptation ils vont diminuer significativement moins de près de 15 % », a expliqué le premier auteur Dr Pepijn van Oort, spécialiste de la modélisation des cultures au Centre du riz pour l’Afrique.
Dr van Oort d’expliquer qu’ « il était important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’une moyenne propre à l’Afrique de l’Ouest, et qu’il existe d’importantes disparités au sein même de cette région. La situation est meilleure dans les régions côtières plus fraîches, et bien pires sur les sites plus chauds dans les zones intérieures », a-t-il ajouté.
Il estime qu’il faut envisager plus d’options d’adaptation telles que le décalage des dates de semis jusqu’à la saison froide.
Bien que le riz a une bonne performance dans les climats chauds, des températures supérieures à 35 degrés Celsius peuvent endommager les processus de la plante et aboutir à des rendements plus faibles. Le riz est également vulnérable aux températures fraîches qui peuvent ralentir sa croissance.
L’étude de modélisation prévoit également qu’en Afrique de l’Est, la hausse des températures va créer de nouvelles opportunités pour le riz. En Afrique de l’Est, le riz est principalement cultivé sur les hautes terres qui sont actuellement souvent trop fraîches pour la culture, et cela va s’améliorer avec des températures plus élevées. Aussi, le riz pourrait bénéficier de la hausse des émissions de CO2. Cependant, une gestion améliorée de l’eau et des nutriments sera requise pour en tirer un bénéfice au maximum.
L’étude a révélé en outre que le déclin global des rendements est présent dans tous les scénari si les producteurs continuent d’utiliser les variétés de riz actuelles. Mais la tendance reste positive, si les producteurs adoptent des variétés qui peuvent tolérer des températures en hausse.

