Washington qui s’était refusé jusque-là, contrairement aux Nations unies, et à beaucoup d’autres nations du monde à parler de « nettoyage ethnique », vient de reconnaître à son tour que les violences de l’armée birmane contre les Rohingyas constituent bien un « nettoyage ethnique ».
Les Etats-Unis considèrent que les violences qui ont fait plusieurs morts et ayant poussé plus de 600.000 Rohingyas à fuir la Birmanie depuis fin août « constituent un nettoyage ethnique » contre cette minorité musulmane.
Selon le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson qui a fait cette déclaration ce mercredi 22 novembre 2017, « Les responsables de ces atrocités doivent rendre des comptes », a-t-il ajouté dans un communiqué, accusant « certains parmi l’armée et les forces de sécurité birmanes ainsi que les groupes locaux d’autodéfense ».
Rex Tillerson s’est rendu mi-novembre en Birmanie où il a rencontré séparément le chef de l’armée et la dirigeante du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi. Depuis le début de cette nouvelle crise des musulmans Rohingyas fin août, les Etats-Unis prennent soin de ne pas blâmer la prix Nobel de la paix, mais évoquent ouvertement la responsabilité de l’armée.
Plus de 600.000 Rohingyas ont fui depuis fin août au Bangladesh voisin, dont la moitié sont des enfants, et ont témoigné d’exactions, viols ou meurtres de la part des soldats birmans, accusés de vouloir vider la région des musulmans.
Le chef de la diplomatie américaine a de nouveau condamné les attaques imputées aux rebelles Rohingyas. « Mais aucune provocation ne peut justifier les horribles atrocités qui ont suivi », a-t-il martelé.
Il a réclamé une « enquête crédible et indépendante » sur le terrain.

