Les kenyans votent encore ce jeudi 26 octobre aux urnes, pour élire leur Président la République. Cela intervient deux mois après le premier scrutin qui a été finalement annulé par le conseil constitutionnel, suite à des irrégularités notées. Un scrutin sous haute tension avec l’appel au boycott lancé par le principal opposant Raila Odinga. Un appel au boycott qui donne presque gagnant le Président sortant Uhuru Kenyatta.
« Voici le défi, s’exclame le Daily Nation à Nairobi. Une élection rejetée par près de la moitié des électeurs inscrits à l’échelle nationale est certaine d’avoir un problème de crédibilité, de même que la légitimité du gagnant. La tentation pour un président élu dans ces circonstances est de ne tolérer aucune opposition et d’employer la force brutale de l’Etat pour imposer sa volonté. L’histoire nous enseigne que cela ne marche jamais, prévient le quotidien kenyan, et nous espérons que le Kenya ne prendra pas cette route. (…) Si le Président Kenyatta et M. Odinga ne mettent pas de côté leurs positions intransigeantes et ne cherchent pas de solution, alors il faudra trouver un autre moyen, poursuit Le Daily Nation. Il faudra s’assurer que les luttes de pouvoir parmi l’élite ne minent plus jamais la démocratie et la viabilité de la Nation. Les Kenyans doivent entamer des pourparlers, préconise le quotidien kenyan, dans le but de rétablir une base de confiance pour trouver une solution à ce rituel endémique de conflit et de tribalisme à chaque grande élection. »
Et le Daily Nation de supplier : « que ce soit la dernière crise électorale à affronter pour ce pays. »
Pour rappel la présidentielle avait été annulée en août dernier, par le conseil constitutionnel kenyan, suite à une saisine de l’opposition qui dénonçait de nombreuses irrégularités.

