C’est dans cette salle des professeurs ou le ronronnement d’un plafonnier dérange le visiteur qu’Abdou Djiba et ses collègues se sont retrouvés ce mercredi 04 octobre 2017, jour de rentrée des classes pour les enseignants au Sénégal. Enseignant depuis prés de vingt ans, Abdou Djiba transmet le savoir des sciences naturelles (Science de la Vie et de la Terre). Un travail qu’il affectionne avec plaisir et dévouement. Un enseignant modèle à montrer à la jeunesse en cette journée internationale du 5 octobre, dédiée à l’enseignant.
Ce professeur de Sciences de la vie et de la terre communément appelé Sciences naturelles est un enseignant rompu à la tâche. Abdou Djiba explique les procédés biologique et géologique aux esprits de jeunes enfants depuis une vingtaine d’années. Titulaire d’un baccalauréat Séries S2 avec la mention Assez Bien, ce natif de Thionck Essyl dans le département de Bignona, région de Ziguinchor a vite rallié la capitale Dakar. Il s’inscrit au département SN de la faculté des Sciences et Techniques de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar pour celui qui voulait devenir Médecin vétérinaire. Victime de l’année blanche de 1988, Abdou Djiba va passer le bac et le réussir avec brio en 1985 en session unique.
Un passage au département SN sanctionné par une maîtrise, le natif du Blouf réussi en 1993 l’entrée à l’école normale supérieure de Dakar, d’où il sort deux ans plutard comme professeur de SVT. Il démarre l’enseignement un certain octobre 1995. Depuis cette date, celui qui a chopé le virus de l’enseignement depuis le primaire, a vu passé entre ses mains plusieurs générations de jeunes. Il sera affecté dans le nord à Matam où il va passer deux ans. Cap vers le sud est un peu plus vers sa terre natale. A Tambacounda, Abdou Djiba y passera trois ans avant de revenir à Dakar au Lycée Blaise Diagne.

Marié et père d’une fillette de six ans qui va débuter cette année l’école pour suivre les pas d’un père modèle et ouvert d’esprit qui a eu comme modèle un certain Nicolas Ndiaye à l’époque d’enfance, va inculquer les valeurs de réussite et de droiture à sa fille. Ni vieux ni encore jeune, cet homme à la démarche rapide, le poignet de main chaleureux, barbe bien taillé, rehaussé par une chemise longue manche témoigne de son comportement.
De l’enseignement au Sénégal, Abdou Djiba pense que le niveau est bon par rapport à ce qu’on l’on voit dans la sous région même s’il trouve qu’on peut sensiblement l’améliorer. « Nous avons un bon niveau même si on peut dépasser cette étape avec l’implication tous les acteurs aussi bien les enseignants, les élèves aidés par leurs parents et l’Etat. C’est fort de tous ces facteurs que l’école sénégalaise retrouvera son lustre d’antan pour continuer à donner à cet homme qui jubile, le cœur en fête à chaque réussite d’un de ses élèves. Bref si tous les acteurs jouent leur rôle on pourra améliorer le système au grand bonheur de tout le monde ».
« Les réussites de mes élèves me procurent de la joie. Ces mots Abdou Djiba, les lâche les yeux pétillants avec un large sourire comme pour dire qu’enfin voilà bien ce qui vaut la peine de tenir la craie encore et d’expliquer à ces esprits fertiles les phénomènes géologiques et biologiques ». A propos des matières scientifiques, Abdou Djiba pense que les élèves ont une peur bleue de ces disciplines pourtant très abordable du reste. Même s’il pense qu’on doit revoir le programme, mettre plus de matérielles pédagogiques pour allier la théorie et les applications pratiques.
Fin observateur de la vie politique sénégalaise ayant eu par le passé à militer dans un parti avant de se retirer car les valeurs qu’ils incarnent ne sont pas toujours reflétées au sein des formations politiques. « Mon tempéramment n’est pas très politique », soutient-il. Tout de même, celui que ses collègues surnomment « le Génie du laboratoire » du fait de son amour du métier et de sa discipline suit avec beaucoup d’intérêt le leader du parti Pasteef, Ousmane Sonko. « J’aime les propositions d’idées pertinentes et lui je le suis depuis quelques temps de même que le chroniqueur Mamadou Sy Tounkara. Ils sont pertinents, c’est pourquoi je les préfère aux autres ».
Syndiqué et membre du Cusems, Abdou Djiba dit observer les mots d’odre de son syndicat du moins pour la majeure partie. « Syndiquer pour la dignité de l’enseignement et de l’enseignant. Voilà les motivations qui me poussent à encore adhérer à la cause syndicale ».
Pas riche comme crésus mais il vit sa vie « Je vis ma vie tranquillement, sereinement ».
Le Lycée Blaise Diagne, sa seconde famille
« J’aime bien être au Lycée Blaise Diagne. Car à ce stade de ma vie je peux dire que je ne vis que pour l’enseignement ».
Des propos confirmés par ses collègues, Monsieurs Baldé et Fall trouvés au laboratoire de SN du Lycée Blaise Diagne en cette journée de pluie salvatrice après une pique de chaleur qui a fini d’étouffer Dakar.
Pour le premier, monsieur Djiba comme il le nomme, est un enseignant dévoué à la tâche, un professeur responsable. Quant on le voit on a comme l’impression qu’il ne vit que pour ça. Que pour l’école. Entre collègues, on l’appelle le « Génie du laboratoire de Sciences naturelles du Lycée Blaise Diagne ». Ça, c’est monsieur Djiba.

Même témoignage venant de Monsieur Fall, un autre collègue et toujours le même mot. « Abdou Djiba est un enseignant dévoué à la tâche. Il a une relation correcte avec tout le monde aussi bien avec ses collègues qu’avec les élèves. Correcte aussi dans son comportement. Et quant une situation se présente, il conseille toujours de faire ce qui est juste », témoigne Monsieur Fall les lunettes bien vissées.
Optimiste quant au bon déroulement de cette nouvelle année scolaire qui se pointe, malgré les menaces syndicales.
Abdou Djiba fait partie de cette race d’enseignants qui se raréfie. Car, par vocation et sacerdoce, il a fait l’option de se retrouver dans les classes pour aider des milliers d’enfants à se tirer des ténèbres de l’ignorance et se brûler au feu appétissant du savoir.

