En visite lundi dernier, dans les différents services relevant de son département, Abdoulatif Coulibaly, ministre de la Culture a déclaré avoir la claire conscience des améliorations qui doivent être faites. « Il faut aider à améliorer la situation de ces structures tant du point de vue matériel, physique, que du point de vue des conditions de travail des techniciens qui y sont », a-t-il déclaré aux hommes de la presse.
Abdoulatif Coulibaly, qui a pris service le 21 septembre dernier avec la formation du dernier gouvernement a reconnu que ces réaménagements demandaient du travail « Ce n’est pas des choses données, il faut travailler » a-t-il ajouté.
Première structure visitée par le ministre, le centre culturel régional Blaise Senghor de Dakar, où il a évoqué la nécessité de sauvegarder les archives photos, après avoir consulté des photographies datant de l’époque coloniale et des premières années de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. Selon lui, ces dernières constituent « un fond documentaire sur lequel il faut travailler », a insisté le ministre de la Culture, au sujet des clichés exhibés par le directeur du centre culturel Blaise Senghor, Balla Ndiaye.
L’un de ces clichés évoque une exposition visitée par le président Léopold Sédar Senghor (1960-1981). « C’est un patrimoine extraordinaire, il faut voir comment les conserver et les numériser », a commenté Abdoulatif Coulibaly.
Le porte-garant de la culture sénégalaise, a déploré l’état du studio du centre culturel Blaise Senghor, souvent utilisé par les jeunes talents, et a promis de doter l’établissement d’un nouveau studio dans les prochains jours. « Blaise Senghor est un centre d’incubation culturelle. Il y a beaucoup de jeunes talents qui s’y préparent, et le studio trouvé est quelque peu fatigué, nous avons décidé de mettre immédiatement en place dès la semaine prochaine un des studios que mon prédécesseur avait acquis », a-t-il annoncé.
D’après Abdoulatif Coulibaly, les nouvelles installations vont permettre au centre culturel Blaise Senghor d’offrir aux jeunes la possibilité de « faire des enregistrements et d’avoir du matériel pour faire du mastering ».
Des plasticiens ont profité de la visite du ministre pour demander un espace de création au sein du centre culturel Blaise Senghor.
La prochaine édition du FESNAC se déroulera ’’sans anicroche’’
Dans les locaux du Festival national des arts (FESNAC) et du « Spectacle son et lumière » au Point E, Abdoulatif Coulibaly a fait le point sur les préparatifs de la prochaine édition du FESNAC, prévue au mois de décembre à Louga.
Et Fatou Sidibé Diallo, la directrice du FESNAC, a rassuré que « Le budget est en place pour que la prochaine édition soit organisée sans anicroche du 20 au 23 décembre ».
Le directeur du « Spectacle son et lumière », Birame Mbarou Diouf, a lui surtout insisté sur la conservation et l’utilisation du matériel.
Aux yeux du ministre de la Culture, « la gratuité de ce service pose problème, si on ne fait rien, on va perdre ce matériel, six milliards de francs CFA de son et lumière et de scène ». « Il va falloir trouver une solution parce que tout le monde pense qu’il y a droit, il faut rationnaliser ce matériel », a recommandé le ministre.
Lors de la visite, le ministre a également évoqué la question sanitaire. En effet, à la Maison de la culture Douta Seck, Abdoulatif Coulibaly a sensibilisé les artistes sur l’importance d’adhérer à la mutuelle de santé qui leur est dédiée. « Il y a 450 mille artistes au Sénégal qui sont recensés, quatre mille seulement se sont inscrits à la mutuelle », a-t-il relevé, avant de revenir, devant ses interlocuteurs, sur la politique de l’Etat en matière de sauvegarde et de promotion des droits des artistes.
Il a affirmé les engagements de l’Etat à « inonder les caisses » de la Société de gestion des droits d’auteur et droits voisins (SODAV) et la décision du Président de la République de payer les arriérés des droits d’auteur dus par l’Etat lors de la dernière édition du Festival mondial des arts nègres (FESMAN), tenue en 2010 (10-31 décembre).
Par ailleurs, Abdoulatif Coulibaly a salué le travail de l’Orchestre national, une structure qui a su se doter d’un « répertoire extrêmement riche et bien travaillé, sans compter une qualité musicale basée sur une science musicale établie ».
A la Galerie nationale, sur l’avenue Albert Sarraut, dans le centre-ville, le ministre a annoncé avoir décidé de « remettre sur les rails les grandes cérémonies de vernissage » et les soirées folkloriques avec le ballet « La Linguère », comme cela se faisait du temps du premier Président sénégalais Léopold Sédar Senghor.
Le ministère de la Culture nourrit l’ambition de faire en sorte que la prochaine Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art), « la plus grande manifestation consacrée à l’art sur le continent africain», a-t-il promis.
Le directeur du Livre et de la Lecture, Ibrahima Lô, a de son côté promis d’accompagner le ministre, « pour que le secteur de l’édition contribue au développement du pays »,
Pour se faire d’après le chef de fil de la culture sénégalaise, Abdoulatif Coulibaly « Il faut donner goût à la lecture, faire en sorte que le livre soit de qualité et de quantité ».
S’agissant du Mémorial de Gorée, Abdoulatif Coulibaly fait savoir que ce projet bénéficie d’une inscription budgétaire de 5 milliards de francs CFA qui va financer sa réalisation sur plusieurs années.

